evolucionismo vs creacionismo. ¿ Quién alimenta la polémica ?


La ciencia ha ido desplazando en el mundo occidental a la religión como institución capaz de ofrecer explicaciones sobre asuntos que interesan a los seres humanos. Las preguntas kantianas: ¿ quién soy ? , ¿ qué debo hacer ? ¿ qué puedo conocer ? son respondidas con una más convincente y muchomás racional argumentación por las ciencias o por la filosofía materialista que por los dogmas de las religiones

libro recomendado http://www.franceculture.fr/oeuvre-les-mondes-darwiniens-l-evolution-de-l-evolution-de-sous-la-direction-de-thomas-heams-philipp
L’année Darwin
La théorie darwinienne de l’évolution dérange toujours les créationnismes
Par Guillaume Lecointre – SPS n° 288, octobre 2009
L’évolution biologique, phénomène qui échappe à nos sens
Le monde d’hier, bien qu’animé des mêmes lois physiques et chimiques que celles d’aujourd’hui, était différent dans ses formes, qu’il s’agisse des continents ou des espèces. Ce n’est pas parce que nos sens nous montrent un monde stable que celui-ci ne change pas. Sa vitesse de changement peut tout simplement nous être imperceptible. « De mémoire de rose, il n’y a qu’un jardinier au monde », nous écrivit un jour malicieusement Fontenelle (1657-1757). De mémoire de rose on n’a jamais vu mourir un jardinier, nous rappelait Diderot (1713-1784). L’évolution biologique est contre-intuitive d’abord parce qu’elle constitue un fait d’une ampleur et d’une portée hors de nos sens, et sur des durées pour nous inconcevables. À quelques exceptions près, la règle générale est qu’à petit changement, petite durée ; grand changement, grande durée. Soit le changement d’une espèce dans un temps qui nous est concevable est imperceptible à nos sens, soit des changements peuvent paraître spectaculaires à nos yeux entre une forme ancienne et une forme descendante récente mais alors ces formes sont séparées par des durées inconcevables. Et malheureusement, ceux des êtres vivants qui évoluent vite, produisant de grands changements dans de petites durées, échappent à nos capacités visuelles… Lorsqu’un virus, une bactérie ou un insecte ravageur s’adapte en quelques années aux contraintes que nous leur imposons, il s’agit d’êtres que nous ne pouvons voir de nos yeux ou bien d’êtres que nous ne croisons pas dans la vie courante. Et même si nous pouvions les voir… il faudrait avoir de la constance dans l’observation. Car l’évolution biologique est un phénomène populationnel. Il ne faut pas s’attendre à voir de ses yeux un individu muter spontanément à un moment donné de sa vie. Son constat est une affaire de fréquences dans des populations.

L’évolution biologique reste donc, le plus souvent, imperceptible à nos pauvres sens humains et c’est peut-être ce qui permet si facilement à tant de forces sociales extra-scientifiques de la nier. Cependant, cette explication est loin d’épuiser tous les déterminants de ces négations, nous y reviendrons. La dimension populationnelle du phénomène évolutif, son imperceptibilité, les efforts d’abstraction qu’il requiert, la place prépondérante du hasard, son incompatibilité avec notre essentialisme (nous serions par essence différents des autres espèces), notre anthropocentrisme, notre notion de destinée, si spontanés, sont autant d’obstacles à sa compréhension. Plus il y a d’obstacles culturels et plus il est nécessaire de traiter d’épistémologie, c’est-à-dire de mécanique de la démarche scientifique, lorsque l’on combat les récupérations idéologiques et religieuses des sciences.
Mais qu’y a-t-il de si terrible dans la théorie darwinienne de l’évolution ?
L’évolution biologique telle qu’elle continue d’être validée par les scientifiques aujourd’hui repose sur un enchaînement extrêmement simple de constats et de déductions logiques, qui furent déjà ceux de Charles Darwin (1809-1882), méticuleusement documentés par celui-ci dès 1859. Nous les exposerons brièvement ici sans terme technique en respectant le raisonnement de Darwin lui-même, en suivant la présentation qu’en fait Patrick Tort (Darwin et la science de l’évolution, Gallimard, 2000). Ces déductions ont été validées un nombre incalculable de fois par des chercheurs de terrain, mais aussi en laboratoire, puis dans des « expériences grandeur nature » en permanence réalisées par l’industrie agronomique lorsque celle-ci lutte contre les capacités évolutives de ravageurs, l’industrie biotechnologique lorsqu’on utilise les capacités évolutives d’êtres vivants pour leur faire fabriquer des molécules (bio-ingénierie), la recherche biomédicale lorsque celle-ci lutte contre les capacités évolutives des agents pathogènes pour l’Homme.
Constat n° 1 : Parmi les individus qui se reconnaissent comme partenaires sexuels potentiels, il existe des variations (physiques, génétiques, d’aptitude…). Quelle que soit la source de cette variation, il existe donc au sein de ce que nous reconnaissons comme des espèces une capacité naturelle à varier, la variabilité.
Constat n° 2 : Dès les débuts de la domestication, les hommes ont toujours modelé les êtres vivants à leurs besoins par des croisements sélectifs : il existe, depuis plus de dix mille ans, une sélection artificielle en horticulture et en élevage au sein même de ce que nous appelons une espèce. Il existe donc chez celle-ci une capacité naturelle à être sélectionné, la sélectionnabilité.
La question qui se pose dès lors est de savoir si la variabilité naturelle est sujette à sélection dans la nature. Cette question revient à se demander quel pourrait être l’agent qui produirait cette sélection.
Constat n° 3 : Les espèces se reproduisent tant qu’elles trouvent des ressources (ressources alimentaires, conditions optimales d’habitat). Leur taux de reproduction est alors tel qu’elles parviennent toujours aux limites de ces ressources, ou trouvent d’autres limites telles que la prédation qu’elles subissent par d’autres espèces. Il existe donc une capacité naturelle de surpeuplement. Cette capacité est observable de manière manifeste lorsque les milieux sont perturbés, par exemple lorsque des espèces allogènes envahissent subitement un milieu fermé, comme une île. L’histoire des hommes fournit de multiples exemples de transferts d’espèces suivis de pullulations, comme ce fut le cas de l’importation du lapin en Australie.
Constat n° 4 : Pourtant, il existe des équilibres naturels. En effet, le monde naturel tel que nous le voyons – non perturbé par l’homme – n’est pas constitué d’une seule espèce hégémonique, mais au contraire de multiples espèces en coexistence, et ceci malgré la capacité naturelle de surpeuplement de chacune.
Inférence : chaque espèce constitue une limite pour les autres, quelle que soit la nature de cette limite : soit en occupant leur espace, soit en les exploitant (prédation, parasitisme), soit en exploitant les mêmes ressources… Les autres espèces constituent donc autant de contraintes qui jouent précisément ce rôle d’agent sélectif.
Constat n° 5 : les espèces dépendent également, pour le succès de leur croissance et de leur reproduction, d’optima physiques (température, humidité, rayonnement solaire, etc.) et chimiques (pH, molécules odorantes, toxines…). En fait, ces facteurs physiques et chimiques de l’environnement constituent eux aussi des facteurs contraignants. S’ils changent, les variants avantagés ne seront plus les mêmes.
Conclusion : Variabilité, sélectionnabilité, capacité au surpeuplement sont des propriétés observables des espèces. L’environnement physique, chimique et biologique est constitué de multiples facteurs qui opèrent une sélection naturelle à chaque génération. Cela signifie qu’au sein d’une espèce, les individus porteurs d’une variation momentanément avantagée par les conditions du milieu laisseront davantage d’individus à la génération suivante que ceux porteurs d’un autre variant. Si ces conditions se maintiennent assez longtemps, le variant avantagé finira par avoir une fréquence de 100 % dans la population. L’espèce aura donc quelque peu changé : elle n’est pas stable dans le temps. Si ces conditions changent, d’autres variants que le variant majoritaire du moment peuvent devenir à leur tour avantagés. C’est pourquoi on dit que la variabilité maintenue dans une espèce constitue en quelque sorte son assurance pour l’avenir, donnée bien connue des agronomes. La promesse d’avenir d’une espèce n’est pas dans l’hégémonie du « variant le plus adapté » (la fameuse « survie du plus apte ») mais dans le maintien dans les populations de variants alternatifs par une source continue de variations. Pour forcer le trait, on pourrait dire que le succès d’aujourd’hui est assuré par le plus apte, celui de demain par une « réserve » d’individus aujourd’hui moins aptes.
Le monde vivant tel que nous le voyons est donc un équilibre de contraintes interagissant en permanence, et il est le fruit d’une sélection naturelle de variations qui, au cours du temps, se sont avérées avantageuses. L’optimalité fonctionnelle des variations sélectionnées fut une condition de leur survie. D’où cette impression que nous avons, parfois, que « la nature est bien faite », longtemps utilisée dans un autre contexte par les théologiens pour glorifier sagesse et puissance divines. En fait, les solutions trop désavantageuses ne sont pas parvenues jusqu’à nous.
Le phénomène d’évolution biologique, même présenté ci-dessus comme Darwin lui-même a pu le concevoir et l’argumenter amplement, n’est ni une spéculation ni une conjecture : ce phénomène est observé, expérimenté en laboratoire sur des espèces à temps de génération courts, en agronomie, en médecine, en bio-ingénierie. La sélection naturelle n’est pas une vieille idée, elle n’est pas une affaire de fossiles, elle est la dynamique même du vivant. Elle s’applique à l’explication naturelle des origines de l’espèce humaine.
Remarque n° 1 : Il reste toujours des variants non optimaux. Par ailleurs des variants désavantagés continuent d’apparaître en permanence, mais selon la lourdeur du handicap héritable, leur maintien dans les générations suivantes est plus ou moins compromis. D’autre part, certaines structures qui paraissent handicapantes (par exemple l’accouchement par le clitoris chez les hyènes tachetées femelles provoquant le décès d’une partie des nouveaux-nés) sont en fait biologiquement liées à d’autres structures fournissant un avantage déterminant (l’agressivité des femelles et la masculinisation partielle des organes génitaux externes qui l’accompagne), d’où leur maintien. Ces considérations nous forcent à relativiser cette impression que nous avons d’une « nature bien faite ». Bien des espèces paient de lourds fardeaux (mesurés en termes de décès des descendants) dans le maintien de dispositifs qui nous semblent absurdes.
Remarque n° 2 : Il existe des variants sélectivement neutres. Ce socle de base de la proposition darwinienne du mécanisme évolutif a été complété au vingtième siècle par le modèle dit « neutraliste ». Des variants sélectivement neutres à l’égard des facteurs de l’environnement peuvent avoir des fréquences qui varient aléatoirement dans les populations, au gré des croisements. Cette fréquence peut même atteindre 100 % de manière tout à fait aléatoire dans une population, et ceci d’autant plus facilement que la population sera d’effectif réduit.
Remarque n° 3 : L’espèce n’est pas inscrite dans le marbre. Le vivant n’est pas stable. Il peut être conçu comme un fleuve de générations, lequel se divise en bras, affluents, rivières. Les individus d’une généalogie changent, et les formes d’une population à une génération t diffèrent des formes de la génération t+n. Des portions d’arbre généalogique peuvent diverger, séparées par des obstacles physiques, chimiques, biologiques, etc., et les individus qui les constituent de part et d’autre du point de divergence peuvent ne plus jamais se rencontrer, de même pour leurs descendances. Ou leurs descendances se rencontrer à nouveau mais ne plus se reconnaître comme partenaires sexuels. Ou encore se croiser à nouveau mais produire une descendance stérile. On dira alors qu’elles ne font plus désormais partie de la même espèce. L’espèce n’est pas écrite sur les être vivants, ni inscrite dans une essence dont ils seraient porteurs, ni dans le ciel ; elle n’est pas éternelle ; elle n’est pas stable. Elle est d’abord ce que nous voulons qu’elle soit ; c’est-à-dire qu’il existe une définition théorique. L’espèce n’est rigoureusement définie que dans la durée du temps : c’est l’ensemble des individus qui donnent ensemble de la descendance fertile, depuis le précédent point de rupture du flux généalogique théorique jusqu’au prochain point de rupture. Après ce point de rupture, les individus qui ne sont plus interféconds avec leurs formes parentales ou latérales constitueront, par convention, une nouvelle espèce.
Un constat immédiat est à faire : l’espèce n’est pas stable, l’environnement non plus, à plus ou moins long terme. Si rien n’est stable, pourquoi ne voyons-nous pas une continuité de formes organiquement désordonnées ? Pourquoi, malgré la variation, les individus se ressemblent-ils ? En fait, le vivant est la résultante de forces de maintien organique et de forces de changement. Parmi les forces du maintien organique, la sélection naturelle par le moyen des facteurs d’un milieu stable élimine pour un temps de la postérité généalogique les individus peu optimaux. Elle participe donc au maintien des « discontinuités » que nous percevons. En d’autres termes, nous n’observons pas dans la nature d’animal mi-lézard vert mi-lézard des murailles car il n’y a pas eu de « niche » d’optimalité correspondant à une telle forme. Ensuite, le croisement entre partenaires sexuels pour la reproduction limite les effets des mutations aléatoires subies par tout individu et participe donc aussi à la stabilité organique. D’autre part, les contraintes architecturales internes héritées des ancêtres constituent également des limites au changement. De même, des contraintes fonctionnelles internes évidentes limitent forcément le champ des changements possibles. Par exemple, bien des embryons « malformés » meurent avant même d’avoir été confrontés directement au milieu.
Parmi les forces du changement, il y a les sources de la variation, par exemple les erreurs des polymérases (ensemble d’enzymes qui assure une réplication de l’ADN, avant une division cellulaire) qui, bien que très fidèles, laissent tout de même passer dans l’ADN des « coquilles » parmi les milliards de paires de bases recopiées. Lorsque le milieu change, les conditions sélectives changent aussi. La sélection naturelle devient aussi, dans ces conditions, la courroie de transmission du changement sur les êtres vivants, des changements qui ne traduisent aucun « but », mais seulement les aléas du milieu.
Mais qu’est-ce qui dérange tant ?
Quelle que soit l’ampleur des changements et quelle que soit l’intensité des contraintes architecturales et fonctionnelles internes, la multitude de facteurs intriqués en jeu est telle qu’il est impossible, sur le plan théorique, de donner une priorité absolue aux forces stabilisatrices. En d’autres termes, le milieu, lui-même imprévisible sur le long terme, rend, via la sélection naturelle, le devenir d’une espèce imprévisible et rend du même coup caduque toute notion de « destinée ». Rien n’est écrit dans le marbre et l’on a coutume de dire, après S.J. Gould (1941-2002), que si nous revenions à un point antérieur quelconque du film de la vie, la probabilité pour que la série d’événements se déroulant sous nos yeux à partir de ce point soit exactement la même est infiniment faible. La notion même de destinée est incompatible avec tout processus historique, processus évolutif compris. C’est l’une des difficultés psychologiques les plus difficiles à surmonter lorsque l’on tente de faire comprendre le processus évolutif à un public qui confond encore le discours sur les faits naturels et le discours sur les valeurs. En effet, tandis que l’absence de « but » et de « destinée » dans l’explication scientifique d’un phénomène naturel ne relève que de l’amoralité de la démarche scientifique et de sa neutralité métaphysique, le discours scientifique injustement transposé comme discours moral et/ou métaphysique rend pour nos semblables ces absences de but et de destinée désespérantes, intolérables, immorales. Bien entendu, ce n’est pas la théorie de l’évolution qu’il faut récuser dans ce cas mais la confusion entre le discours scientifique sur les faits, méthodologiquement défini et limité, et le discours sur les valeurs qui relève de processus d’élaboration très différents. Il faut expliquer alors qu’il ne faut pas projeter nos réflexes psychologiques (buts, actions intentionnées) et nos espoirs (destinée) dans une explication scientifique de l’origine des espèces. La théorie de l’évolution n’incorpore ni transcendance, ni but, ni destinée, n’a pas à donner de « sens » à notre vie, ne défend ni ne préconise aucune valeur, aucune morale : ce n’est simplement pas le rôle d’une théorie scientifique.

– Cette double hélice biologique est une preuve évidente de la spiritualité du Cosmos
Une bonne partie des négations de la théorie darwinienne de l’évolution viennent de là : des membres de l’UIP à ceux du mouvement de l’« Intelligent Design », on veut faire dire à une théorie scientifique ce qu’elle n’a pas à dire. On lui reproche de ne pas donner du « sens ». On se désespère d’un devenir sans but ni destinée. On juge la sélection naturelle immorale. Bref, pour le scientifique c’est comme si on jugeait l’attraction des corps célestes comme immorale et une réaction chimique in vitro comme désespérante parce que intrinsèquement non intentionnée. On peut mettre également sous ce chapitre ce que l’on a de façon erronée appelé le « Darwinisme social », et qui n’est que l’évolutionnisme philosophique élaboré par Herbert Spencer, du vivant de Darwin. L’évolutionnisme philosophique de Spencer est effectivement récusable d’abord et entre autres motifs parce qu’il transpose directement un modèle explicatif du changement des espèces dans les champs moraux et politiques, transfert qui n’est ni requis ni opéré par la théorie de l’évolution de Darwin elle-même. L’évolutionnisme de Spencer fait dire à une démarche scientifique ce qu’elle n’a pas à dire. Ce n’est d’ailleurs pas une science mais un système philosophique. L’évolutionnisme, pris dans ce sens-là, a contribué et contribue encore à éloigner les intellectuels d’une véritable lecture de Darwin, mais aussi à susciter une méfiance aussi injustifiée que répandue à l’encontre d’une théorie scientifique. La théorie darwinienne ou néo-darwinienne de l’évolution ne véhicule, en elle-même, pas plus de valeurs que la théorie de la gravité universelle ou celle de la dérive des continents.
En fait, les créationnismes, qu’ils soient seulement « philosophiques » ou qu’ils se parent de scientificité, tentent de projeter des valeurs à la théorie de l’évolution pour pouvoir ensuite plus facilement la nier à travers elles. Pour tuer votre chien, inoculez-lui la rage, puis accusez-le d’être enragé, enfin tuez-le. Car le besoin de nier la théorie de l’évolution provient d’un autre champ. Celui-ci est politique : de tout temps, il a fallu brider la science lorsque celle-ci élaborait des résultats non conformes au dogme.
Tous les créationnismes contre la théorie darwinienne de l’évolution
La théorie scientifique de l’évolution en vigueur aujourd’hui explique l’origine des espèces, l’origine de l’homme, de ses langues, de ses sociétés sans recours à une transcendance. Non pas que cette théorie particulière se soit fixé comme but spécifique de nier toute transcendance : l’athéisme affirmatif ne fait pas partie des objectifs de la science. Plus simplement, les sciences, quelles qu’elles soient, depuis 250 ans environ, n’incorporent pas la transcendance comme outil d’explication. Le créationnisme philosophique adoptera alors diverses postures face à ce qui lui apparaît comme une insupportable lacune, afin de brider la science : nous allons les décliner ci-dessous.
Commençons par distinguer le créationnisme « philosophique » du créationnisme « scientifique ». Le créationnisme philosophique stipule que la matière et/ou l’esprit ont été créés par une action qui leur est extérieure. L’affirmation opposée est celle d’un matérialisme immanentiste. Il s’agit d’affirmer que le monde réel est constitué de matière, y compris les manifestations très intégrées de celle-ci (« esprit », sociétés, etc.), que la matière, quelle que soit la description que l’on peut en faire, est incréée et porte en elle-même les ressources de son propre changement. Aucune de ces deux postures philosophiques n’est accessible empiriquement ; c’est-à-dire qu’elles ne peuvent être testées scientifiquement. Il s’agit bien là du terrain de la philosophie.
Examinons à présent les différentes versions du créationnisme philosophique. Les trois monothéismes ont adopté au cours de leur histoire diverses postures face à l’inadéquation logique entre le sens littéral des Écritures et les résultats de la science. Déclinons ces postures dans un gradient de plus en plus néfaste à l’indépendance d’une démarche scientifique. Premièrement, on a adapté le sens des Écritures aux résultats de la science. Cette attitude, généralement qualifiée de « concordiste », ne sera pas analysée ici. Deuxièmement, on a adapté le sens des résultats de la science à la lumière du dogme. Troisièmement, on a sollicité la société des scientifiques de l’intérieur afin qu’elle réponde à des préoccupations théologiques (fondation John Templeton, Université Interdisciplinaire de Paris notamment dans leur appel du 22 février 2006 dans le journal Le Monde). Quatrièmement, on a prétendu prouver scientifiquement la validité littérale des Écritures par ce qui a été présenté comme de véritables démarches et expériences scientifiques (créationnisme « scientifique » de H. Morris et D. Guish). Cinquièmement, on a nié purement et simplement les résultats de la science, soit en cherchant à démontrer leur fausseté au moyen de discours ré-interprétatifs mais sans expériences scientifiques (Harun Yahya, témoins de Jéhovah), soit au moyen de ré-interprétations et de contre-expériences qui se voulaient scientifiques (sédimentologie de Guy Berthault, mouvement du « dessein intelligent »). Enfin, on a intimidé les scientifiques en les sommant de récuser les résultats de leur travail (Galilée en astronomie, Buffon concernant l’âge de la terre, même Darwin dut faire des concessions entre la première et la seconde édition de L’origine des Espèces…) ou en les pourchassant. Voici donc une typologie résumée de tous les créationnismes philosophiques, avec des exemples, non pas de personnes, mais se manifestant sous forme d’organisations :
A. Les créationnismes intrusifs :
A.a. Nier la science : le créationnisme négateur d’Harun Yahya.
A.b. Mimer la science : le créationnisme mimétique de H. Morris et D. Guish.
A.c. Plier-dénaturer la science : le « Dessein Intelligent » ou la théologie de William Paley présentée comme théorie scientifique.
B. Le spiritualisme englobant :
B.a. Science et théologie vues comme les pièces d’un même puzzle : l’Université Interdisciplinaire de Paris.
B.b. La fondation John Templeton : lorsque la théologie finance la science.
Tous ces créationnismes philosophiques ne sont pas des créationnismes « scientifiques ». Lesquels d’entre eux méritent l’appellation de « créationnisme scientifique », c’est-à-dire mettent la science au service d’une preuve de la création ? Il s’agit assurément des catégories A.b. et A.c. puisque dans la première la « science » prouve la Vérité des Écritures et dans la seconde le créateur est incorporé comme explication « scientifique ». Pour ce qui concerne les catégories B.a. et B.b., il ne s’agit pas d’un créationnisme scientifique au sens précédent ; cependant la science est mobilisée par ces spiritualistes afin de servir d’autres desseins que l’élaboration de connaissances objectives, y compris d’accréditer une idée de création beaucoup plus sophistiquée. Ainsi, contrairement à une idée reçue, le créationnisme philosophique ne s’oppose pas nécessairement à l’idée d’évolution biologique. L’évolutionnisme théiste de Teilhard de Chardin en est un exemple dont on trouve des descendants au sein des providentialismes modernes (catégorie B). La catégorie A est anti-évolutionniste, sauf peut-être pour certains adeptes du « Dessein Intelligent » pour qui les moyens par lesquels le Grand Concepteur réalise ses desseins pourraient incorporer la transformation (non darwinienne) des espèces. La catégorie B est évolutionniste. Mais tous sont anti-darwiniens, les premiers parce qu’ils refusent le fait de l’évolution biologique, les seconds parce que le modèle darwinien faisant intervenir hasard, variation, contingence, sélection naturelle ne les satisfait pas, pour des raisons morales et idéologiques.
Mention spéciale concernant l’Intelligent Design
La volonté politique la plus manifeste est représentée par le mouvement américain de l’Intelligent Design. Suite aux revers juridiques des créationnistes « scientifiques » de la seconde moitié des années 1980, ceux-ci doivent à nouveau changer de stratégie. Dès le début des années 1990, P. Johnson, juriste, élabore la notion d’« Intelligent Design » (ID) à partir de la vieille analogie du théologien anglican William Paley et la présente comme théorie scientifique. La stratégie consiste à utiliser l’étiquette « science » pour atteindre des objectifs politiques et spirituels, objectifs clairement énoncés dans leur « Wedge Document » (voir le Nouvel Observateur Hors Série n° 61 « La bible contre Darwin » dirigé par Laurent Mayet, décembre 2005). L’un de ces objectifs principaux est de faire passer une conception théologique pour de la science afin que celle-ci soit enseignée dans les écoles. Selon le « Discovery Institute » qui structure le mouvement, « la théorie du dessein intelligent affirme que certaines caractéristiques de l’univers et des êtres vivants sont expliquées au mieux par une cause intelligente, et non par un processus non dirigé telle la sélection naturelle ». Le mouvement du « dessein intelligent » s’emploie donc à critiquer tout ce qui peut l’être dans la théorie darwinienne de l’évolution, et surtout ses ennemis de toujours : le matérialisme méthodologique inhérent à une approche seulement scientifique des origines du monde naturel, et le rôle de la contingence des facteurs de transformation des espèces au cours du temps. Pour tout schéma argumentatif, il ne s’agit que de la répétition, sous une forme retravaillée, de l’analogie finaliste du théologien anglican William Paley (1743-1805). Arguant que tout objet/artefact est intentionnellement façonné pour remplir une fonction, Paley et ses imitateurs d’aujourd’hui transposent ce principe dans la nature pour faire intervenir une intelligence conceptrice à l’origine de l’adéquation entre formes et fonctions naturelles et donc une intelligence à l’origine des êtres vivants. C’est la vieille analogie de la montre. Dans une montre, l’adéquation « parfaite » de la forme de chacune des pièces à la fonction qu’elle remplit et son agencement harmonieux avec les autres pièces remportent l’admiration et appellent à supposer que l’ensemble provient de la volonté d’un horloger présumé. Dans la nature, le rayon de courbure du cristallin est tel que les rayons lumineux se focalisent précisément en un point de la rétine ; et la merveilleuse adéquation entre forme et fonction ne peut être, dans ce raisonnement analogique, plus efficacement expliquée que par l’hypothèse d’une intelligence conceptrice dès son origine. Les promoteurs modernes du dessein intelligent pensent que la science rénovée, incorporant les causes surnaturelles, doit chercher et dicter ce qui constituera une « éthique naturelle », une « morale naturelle », et que cette science-là sera en mesure de découvrir quels comportements transgressent les buts sous-jacents au dessein intelligent à l’origine de l’espèce humaine. Ce serait donc à cette science de découvrir lesquels de nos comportements, nos mœurs, notre morale, sont voulus par Dieu. La fonction de Think Tank conservateur prend alors toute sa signification : l’avortement et l’homosexualité transgressent l’Intelligent Design de Dieu, notamment par dévoiement des fonctions pour lesquelles nos formes avaient été initialement créées. En donnant une assise prétendument scientifique au « Bien » et au « Mal », le courant du « dessein intelligent » débouche donc sur une sorte de scientisme religieux et théocratique incompatible avec la laïcité. En décembre 2005, l’ID est clairement identifié au « procès de Dover » comme religion déguisée et non comme science, et son enseignement est déclaré anti-constitutionnel.
S’il arrive à des scientifiques d’écrire contre les créationnismes, c’est que ces derniers tentent de s’introduire dans la démarche scientifique, miment les sciences, ou encore font dire aux sciences ce qu’elles n’ont pas à dire. Ces scientifiques ne font alors que leur devoir de citoyens.
La controverse se développe sur Internet largement sous forme de dessins humoristiques, tel celui-ci traduit dans de nombreuses langues.

con o sin dioses:teo o ateo LOGOS Palabra verdadera sobre dios o no dios

La Idea de Dios se relaciona en todos los casos conocidos con el concepto de religión. A este hecho ha dedicado el filósofo español Gustavo Bueno parte de su vida, como profesor de Filosofía de la Religión en la Universidad de Oviedo (España). Sus tesis sobre el concepto de religión como religación entre el hombre y dioses analizado desde las coordenadas del sistema filosófico que se denomina Materialismo Filosófico. En este sentido es imprescindible la consulta de algunos de sus libros libros: El animal divino, Cuestiones cuodlibetales sobre dios y la religión y otros artículos sobre el tema publicados en la revista El Basilisco y en la revista El Catoblepas
El planteamiento que haremos ahora es el siguiente:
Si las religiones han ido surgiendo históricamente y se las observa como elementos con un fuerte componente social y político, es decir, como instituciones de Poder, en el presente, desde algunas partes del mundo , se puede observar el hecho de que no todos los ciudadanos , en especial de Europa, de Estados UNidos, China y la ex URSS o Cuba y Corea del Norte, se sostiene la tesis de que la idea de Dios es innecesaria para construir una sociedad política en la cual el orden social sea realmente un orden con una base social cuya moral se puede ejercitar sin necesidad de religiones, sea una u otra, monoteista o politeisa.
El agnosticismo es diferente del ateísmo, ya que implica una especie de desdén hacia el problema de si existe o no un o unos dioses, y de si el hombre está influido o no por esos supuestos dioses.
El ateísmo toma posiciones que no son sencillas, en cuanto implica una respuesta más o menos violenta , bajo diferentes formas, por parte de los grupos conformados por las distintas religiones a lo largo del mundo
La confrontación entre las Ciencias y las Religiones surge en especial a partir de la llamada Ilustración en Europa. Sin embargo, por intereses y presiones políticas,de gobernantes temerosos de la radicalización surgida de la Revolución Francesa. Es el caso de Kant, que tuvo que guardar silencio en cuestiones acerca del papel de la religión en asuntos de moral social. Es conocido el llamado tabú de Spinoza, cuyas tesis son evidentemente base de un ateísmo que se fundamenta en la Razón Geométrica, base de los avances de las Ciencias en contra de intereses de las religiones monoteístas, incluída por supuesto la judaica, lo cual le costó la expulsión de la comunidad hebrea de la Europa del siglo XVII al autor de la Etica demostrada según el orden geométrico.
En el siglo XIX , se abre una brecha importante y radical entre las creencias religiosas y las razones de la Ciencia positiva, la obra del inglés Charles Darwin es un paso más en el sentido de que se puede forjar una moral y un modelo de sociedad política que basa sus referencias no en un ser o seres trascendentes a los que el ser humano debe respeto y sumisión, por temores ancestrales aún no superados, sino en el estudio sistemático de los datos empíricos a través de un nuevo método que se retomaba ya en el Renacimiento de los modelos de razonar surgidos en la Grecia de Paltón y Aristóteles, pero mejorados con el auge de la matematización y nuevos descubrimietos en los ámbitos de la Astronomía, la Medicina, la Bilología, &
La Iglesia Católica será capaz aunque lentamente,de reconocer, bajo las tesis aportadas por el jesuita Theillard de Chardin, que Darwin está en lo cierto en cuanto a sus tesis sobre la evolución del hombre.
Serían sin embargo, Marx y Freud los que habrían de ser considerados como mucho más peligrosos para la religión católica, y distintos papas a lo largo de dos siglos habrán de luchar con todas las herramientas teológicas y humanas a su alcance contra estas nuevas herejías ajenas a la propia fe .
Veremos en los mapas a continuación un hecho muy curioso pero no por ello menos importante: se mencionan las religiones, pero rara vez se puede ver el número y regiones donde se compruebe la existencia de ateos, aunque sí en uno que otro mapa aparece la referencia a los agnósticos
En algunas presentaciones que hemos encontrado en internet, hay quienes dicen que se puede ser agnóstico pero que es imposible tener una moral o valores realmente serios para una convivencia social sin conflictos permanentes,es imposible, dicen , como Kant planteaba, que se puede tener una moral sin referencias a la trascendencia, a los dioses y los premios y castigos en un mundo extra terrenal.
Los avances de las ciencias en los años posteriores a la Segunda Guerra Mundial han dado lugar a algunas obras y propuestas que en el comienzo del siglo XXI parecen ser dejadas al olvido,a pesar de que son ejercitadas de alguna manera , por medio de las prácticas en laboratorios , universidades y hospitales del mundo y en especial en el llamado mundo occidental. El premio Nobel de Medicina,Jacques Monod, planteaba en su libro El azar y la necesidad, que era ya hora de que nos decidiéramos por uno de los dos caminos ante los que tenemos que elegir ( decía en 1968 ): el mundo de las Tinieblas( se refería a las creencias más o menos irracionales implícitas o explícitas en las distintas religiones) o el mundo de la Razón de las Ciencias , la bioquímica especialmente, que muestra que el único fin de los seres vivos es tratar de mantener el adecuado funcionamiento del ADN y ARN de sus componentes celulares en los diversos tipos de seres vivos.
Veamos, de cualquier modo, los diferentes tipos de referentes fenoménicos que nos podemos encontrar cuando se trata de estudiar las diversas maneras de expresar los contenidos materiales ( en el sentido del Materialismo Filosófico: M1-M2-M3 en relación con la Conciencia, política, religiosa,económica, &, sea desde una perspectiva idealista de la libertad , la conciencia , & O SEA DESDE UNA PERSPECTIVA MATERIALISTA DE DICHA CONCIENCIA E, &- ver Ensayos Materialistas, de Gustavo Bueno-) de las manifestaciones de la religiosidad en el presente y tratando de relacionar este presente con su génesis histórica.
Un asunto de gran interés lo encontramos en la cuestión – fundamental- de un enfrentamiento entre las tesis animistas y las materialistas sobre las religiones ( ver tesis de Gonzalo Puente-Ojea y las de Gustavo Bueno sobre la cuestión )
Me interesa un nuevo modelo de religión, conocido por su nombre en inglés, la Scientology, Cienciología, que se define como una religión pero que pretende compaginar sin ningún tipo de conflicto los avances de las Ciencias. Es al parecer una nueva religiónen auge en amplias regiones de los Estados Unidos y de Europa y hace proselitismo en forma de publicidad pagada en todos los sitios posibles de internet
SERIES DE PANORAMAS DE LAS RELIGIONES EN EL MUNDO A TRAVES DE MAPAS CON EL OBJETO DE HACER UN BALANCE CRITICO Y MATERIALISTA POSTERIOR
FUENTE http://theology101.org/world.htm 

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A CONTINUACION HAREMOS UNA SERIE DE COMENTARIOS SOBRE EL PAPEL QUE LAS RELIGIONES HAN IDO TENIENDO A LO LARGO DE LAS HISTORIAS RESPECTIVAS DE CULTURAS ,TANTO DESDE EL CRITERIO DE LOS CONCEPTOS DE CULTURA COMO DE LOS CRITERIOS EMIC Y ETIC, Y DE LA IMPLANTACION POLITICA DE LAS DIVERSAS RELIGIONES, ENCUADRANDO ESTOS ANALISIS EN LAS COORDENADAS DE LA IDEA DE ESPACIO ANTROPOLOGICO

sociobiología y etología: la ética y la moral de los monos

TAMBIÉN LOS MONOS TIENEN MORAL
fuente http://148.206.53.230/revistasuam/signosfilosoficos/include/getdoc.php?id=19&article=22&mode=pdf
Entrevista con Edward O. Wilson 1
p. Ud. escribe en su nuevo libro2 que el amor, como todos los sentimientos
humanos, puede explicarse prácticamente como un proceso fisicalista, parecido
al de la formación de cristales. ¿No le parece demasiado pretenciosa esta S
1 Tomada de Der Spiegel, 46/1998. E. O. Wilson es el creador de la sociobiología y profesor emérito
de la Universidad de Harvard.
2 Consilience. The Unity of Knowledge, Nueva York, Random House, 1998.
afirmación?
W. No. En absoluto. Los seres humanos formamos una especie que busca, en
grado muy alto, un vínculo entre los sexos. Esta es la razón por la que nuestros
sentimientos y vivencias nos parecen tan poderosos cuando hablamos de un sentimiento
como el amor. Lo que experimentamos con ello es la manera en la que se
encuentra dispuesto nuestro cerebro; lo que se pone de manifiesto son los mecanismos
innatos que nos impulsan a buscar el apareamiento. Obviamente este fenómeno
es mucho más complejo que el de la formación de cristales y, por supuesto, hay aún
muchas cosas por investigar acerca del modo en que el cerebro humano funciona.
Pero, a no dudarlo, la ciencia llegará a esa comprensión.
Sp. La unidad del conocimiento que Ud. propone pretende que las ciencias naturales
y sociales, la religión, la ética e incluso el arte coincidan en una visión común
del mundo. Ud. mismo ha escrito en su libro que esta meta está impregnada de un
“olor faústico a azufre”. ¿Qué le hace pensar que esa visión podría hacerse algún día
realidad?
W. El notable éxito de las ciencias naturales, que ahora han comenzado a extenderse
a ciertos ámbitos limítrofes del conocimiento, como la genética humana, la
neurología o la biología evolutiva. Esto constituye un primer paso en la tarea de
Signos Filosóficos I.1 (junio 1999), 209-218
210 Signos Filosóficos
descifrar la esencia misma del ser humano, una empresa hasta ahora reservada a los
artistas, a los literatos y a los filósofos. El hecho mismo de que los científicos naturales
irrumpan en esta esfera es ya una de las aventuras intelectuales más grandiosas
de la historia.
Sp. ¿Cuáles serían, en su opinión, los logros más importantes de las ciencias
naturales?
W. No cabe duda, uno de los éxitos más significativos es la visión newtoniana,
según la cual las leyes de la gravedad actúan en el ámbito terrestre de igual manera
que en la esfera del Cosmos. Es esto lo que hace posible inferir el movimiento de los
planetas a partir de la caída de la manzana —en realidad, una síntesis temprana del
conocimiento.
Sp. Se pensaba en la época de Newton, la Ilustración, que las ciencias naturales,
las ciencias sociales y la filosofía formaban una unidad. ¿Cómo ocurrió la escisión
entre ellas?
W. La ciencia del siglo XVIII aún no estaba en condiciones de dar respuesta a
muchas de las preguntas que planteaba la filosofía de la época. Es cierto que investigadores
como Newton abren brecha en la física y que también en esos años se
sientan las bases de la química moderna. Pero la ciencia estaba todavía muy lejos de
conocimientos modernos como la psicología cognitiva, la neurología o la teoría de la
evolución. Esta es la razón por la que el sueño de los filósofos de la Ilustración de
que las ciencias sociales podían alcanzar un grado de exactitud parecido al de la física
no pudo realizarse. Porque la clave para todo ello es la investigación de la mente
humana y su desarrollo.
Sp. Goethe, quien también era dibujante y realizaba por cuenta propia investigación
en las ciencias naturales, es uno de los últimos que pretende salvar ese abismo,
aunque sin mucho éxito.
W. De hecho, él es el último de los grandes que busca la unidad. En su tiempo, sin
embargo, estaba condenado a fracasar. Pero si Goethe hubiera podido disponer de la
neurobiología, de la biología evolutiva y de la genética humana, es posible que tuviéramos
ahora más obra escrita por él. De cualquier manera, en la actualidad los
investigadores poseen un conocimiento que ni Goethe ni Kant en sus fantasías más
descabelladas hubieran podido imaginar. Esta es la gran diferencia.
Sp. Suena muy optimista. Para que el sueño de la gran unidad de las ciencias
naturales y sociales se haga realidad, la investigación científica tendría que poder
explicar al hombre no sólo como individuo, sino también como un ente social. ¿RealTambién
los monos tienen… 211
mente cree Ud. que sea posible determinar con la misma precisión con la que ha descrito
los estados de hormigas procesos tan complejos como un colapso de la bolsa de
valores?
W. Espero que sí. Las ciencias económicas de la actualidad han evolucionado ya
en el sentido de incluir en sus conocimientos lo que sabemos acerca de la toma de
decisiones por parte del ser humano. Gracias a ello, la economía puede convertirse
en algo pronosticable. Y es sabido que los economistas han fracasado siempre, en
última instancia, por no haber prestado la debida atención a la influencia que en su
campo tienen el entorno y la naturaleza humana.
Sp. Ud. es conocido ante todo como investigador de hormigas. ¿Qué lo ha llevado
a estudiar la naturaleza humana?
W. Después de haber trabajado durante casi dos décadas en las hormigas y haber
investigado su vida social, en 1971 intenté llevar a cabo una síntesis de todo lo que
sabía. Mis conclusiones estaban basadas en la biología reproductiva y de población
y en las teorías de la herencia. Tengo una gran aversión al desorden. Más adelante,
extendí mi teoría analizando a los animales vertebrados. Esto me permitió observar
por primera ocasión la conducta social en el reino animal en toda su generalidad. Ese
enfoque, la sociobiología, tuvo mucho éxito. Pero debo añadir aquí que mi intención
no ha sido nunca la de equiparar a los seres humanos con las hormigas —simplemente
he ido ascendiendo en el reino animal desde abajo, por así decirlo.
Sp. La sociobiología enseña que la conducta humana se encuentra determinada
en gran medida por factores genéticos.
W. Pongámoslo así: nuestros instintos tienen una gran influencia en todo lo que
hacemos.
Sp. ¿Cómo habría tenido lugar esta programación del ser humano?
W. Muchos de nuestros instintos nos han sido heredados por nuestros ancestros,
los monos antropoides. Es cierto que en el curso de la evolución hacia el homo
sapiens el cerebro se ha ido agrandando y que a ello se suman notables hazañas
mnemotécnicas y la capacidad del lenguaje —logros, todos ellos, presumiblemente
del lóbulo frontal—. Pero esto no significa que el lóbulo frontal haya asumido el
mando en la cabeza, que haya desterrado a los instintos y que haya transformado al
cerebro en una computadora de gran versatilidad. Al contrario, la programación biológica
persiste y sigue teniendo una gran influencia en nuestra conducta. Dirige la
manera en la que tomamos decisiones, determina lo que aprendemos con facilidad,
lo que percibimos, el modo en el que buscamos una pareja, etcétera.
212 Signos Filosóficos
Sp. ¿Podría mencionar algunos ejemplos de esa programación?
W. El imperativo de evitar el incesto, por ejemplo, no es, en forma alguna, sólo un
tabú social, sino que tiene raíces biológicas. Los investigadores de la conducta han
demostrado que también los chimpancés evitan las relaciones sexuales con seres de
la misma especie con los que han crecido. Es evidente que una infancia común hace
inmune al amor. Esto es lo que yo llamo una regla epigenética, esto es, una inclinación
innata a formas definidas de comportamiento. Es verdad que los seres humanos
podemos violar tales reglas a voluntad. Pero en general no lo hacemos. Las reglas
epigenéticas se encuentran en la base del desarrollo de la cultura.
Sp. ¿Cuál sería la utilidad de esas reglas?
W. Como todos los rasgos heredados, estas reglas sirven, según la teoría darwinista
de la evolución, para garantizar a cada individuo el máximo de posibilidades de
reproducción.
Sp. ¿De acuerdo con esto, el sexo constituiría el fundamento de toda la actividad
humana?
W. Bueno, digamos que es extemadamente importante. Sin embargo, en el curso
de la evolución se agregan muchas formas de comportamiento sutiles, el pensamiento
abstracto, la expresión de sentimientos profundos, la actividad artística. Si bien la
selección darwiniana está en el fondo de todo ello, no puede, por supuesto, explicar,
por sí misma, toda la variedad de las posibilidades humanas.
Sp. La diversidad de estrategias de reproducción explicaría, de acuerdo con Ud.,
por lo menos muchas diferencias entre hombres y mujeres. Según su teoría del instinto
sexual óptimo, los varones tenderían por naturaleza a la infidelidad, al querer
diseminar sus genes tan ampliamente como sea posible, mientras que las mujeres
buscarían, ante todo, la seguridad material. Cuando escribió esto por primera vez en
1975, provocó Ud. la ira de las feministas. ¿Le resulta comprensible su actitud?
W. Sí. El feminismo de esos años quería que hombres y mujeres tuvieran no sólo
los mismos derechos, sino que fueran en todo sentido iguales. Por supuesto, la
sociobiología se opone a ello. Dicho sea de paso, esta fue la causa de que en una de
mis clases en Harvard se me arrojara un cubo de agua fría en la cabeza. En verdad un
hecho sin precedentes.
Sp. Su teoría ha sido acusada de reforzar aún más la injusta distribución de las
funciones en la sociedad.
W. Sí. Con toda razón. Muchos han interpretado la sociobiología en el sentido de
que, desde el punto de vista biológico, los hombres estarían en una posición de venTambién
los monos tienen… 213
taja respecto a las mujeres, puesto que sus genes los han programado para convertirse
en el género más agresivo. Pero puede ser que esto realmente sea el caso. Por lo
menos hasta hoy, toda sociedad habida en la historia ha estado dominada por los
hombres.
Sp. ¿Y las excepciones, la mítica tribu de las amazonas?
W. Tales excepciones —si es que las hay— son tan raras que hoy en día incluso
muchas feministas han aceptado ya la sociobiología.
Sp. Otra de las críticas se refiere al problema del origen de un comportamiento
desinteresado. Después de todo, esto parecería oponerse a un impulso reproductivo
sin cortapisas. ¿Hay programada en los seres humanos una especie de ética?
W. Hay, sí, con toda certeza, programada, la capacidad de darse reglas éticas. Aún
no sabemos mucho al respecto, pero las bases para que los seres humanos puedan
relacionarse parecerían ser algo parecido a los contratos a largo plazo. Esto que digo
se pone de manifiesto, por ejemplo, en el análisis de las conversaciones entre los
bosquimanos en Kalahari en Sudáfrica. Como las nuestras, sus conversaciones consisten,
en gran medida, en chismorreo. El sentido de éste es determinar qué tan
confiables son nuestros interlocutores. El chisme es algo absolutamente necesario.
Esta es también la razón por la que los chimpancés mismos poseen un sentido muy
fino que les permite percatarse de que otros miembros del grupo son infieles o que
engañan. La cohesión de una sociedad parecería descansar en la vigilancia recíproca.
Sp. ¿También entre los chimpancés habría algo así como una ética?
W. Probablemente saben de algo parecido a lo que está bien y a lo que está mal.
En todo caso, recompensan la amistad y el acuerdo mutuo y castigan a aquellos
individuos que violan las reglas de la comunidad. Es posible que en esas formas de
comportamiento se encuentre el origen de la moral humana.
Sp. ¿Cree Ud. que el hombre es bueno?
W. Definitivamente sí. Hay una nueva corriente en la sociobiología que enseña
precisamente esto. Hasta ahora se había aceptado que la conducta altruista era sólo
aparentemente desinteresada y que se extendía, sobre todo, a la propia familia, por
servir también a la propia reproducción. Se ha podido demostrar, sin embargo, tomando
como ejemplo a algunas tribus australianas, que diferentes clanes trabajan
entre sí, a pesar de no existir ningún parentesco entre ellos. Es evidente que el altruismo
es un instinto humano íntimamente ligado al cuidado de la propia familia,
pero que no se limita a ella. El hecho de que el impulso al comportamiento moral
esté tan arraigado ha hecho pensar a los hombres en el pasado que reglas morales
214 Signos Filosóficos
como los Diez Mandamientos debían ser sagradas y haber sido inspiradas directamente
por Dios.
Sp. Ud. escribe que aun las vivencias más personales, como los sueños, se encuentran
condicionadas por regularidades genéticamente programadas en el desarrollo
espiritual. Las pesadillas en donde aparecen serpientes nos torturan porque
nuestros ancestros biológicos se veían obligados a tener miedo de las víboras. Todo
ello proporcionaría indicios de que las vivencias de los monos han impregnado nuestros
simbolismos. ¿No le parece una exageración?
W. No, en absoluto. Todos los grandes monos temen a las serpientes, y se ha
observado, por ejemplo, que los chimpancés tienen miedo a ellas aun cuando nunca
han visto previamente una. Esta impronta primitiva bien podría ser una de las razones
por las que las imágenes de serpientes se presentan en casi todas las culturas. En
todo caso, una explicación de este tipo resulta mucho más plausible que las interpretaciones
del psicoanálisis.
Sp. Conforme a la teoría de la evolución, cada especie desarrolla sus capacidades
y características justamente en la medida en que ello resulta necesario para ocupar de
manera óptima su nicho ecológico. Sigue siendo un enigma, sin embargo, por qué el
hombre primitivo desarrolla un cerebro que le permite acceder más tarde a la civilización.
O, en sus propias palabras, ¿cómo explicar el cálculo diferencial y a Mozart?
W. Todas estas son facetas del enigma aún no resuelto acerca de la manera en la
que el desarrollo genético y cultural se condicionan mutuamente. Es probable que
tenga que ver con el hecho de que en la Edad de Piedra el entendimiento humano
contaba ya con una disposición a pasar a conclusiones generales y que ello habría
aumentado su capacidad de aprendizaje. Un procesamiento de datos de esta índole
podría constituir, por ejemplo, el fundamento que habría hecho posible el razonamiento
matemático.
Sp. Algunos analistas, por ejemplo el biólogo evolucionista Stephen Jay Gould,
creen ver cierta circularidad en la sociobiología. La teoría considera, dicen, algún
rasgo característico del ser humano —por ejemplo, el placer de chismear— y pasa
luego a afirmar que esto debe ser de ese modo, puesto que, desde el punto de vista
de la evolución resulta útil. Con ello no se habría dado, argumentan, ninguna explicación.
W. Gould ha criticado la teoría, a pesar de no entender gran cosa de la misma. La
sociobiología ha hecho muchas predicciones sobre la conducta social que han probado
ser correctas.
También los monos tienen… 215
Sp. ¿Podría darnos un ejemplo?
W. Tomemos el caso del maltrato a los niños. La sociobiología predice que la
violencia de los adultos en contra de los niños es menos probable en la medida en
que su relación de parentesco sea mayor. Como cada uno desea reproducirse, los
padres atacarán, por ejemplo, a sus hijastros antes que a sus propios hijos. Entre los
monos langures, los machos matan a las crías de su pareja cuando éstas no han sido
engendradas por ellos mismos. Los ratones secretan inclusive ciertos olores que producen
una expulsión del feto. Y, por lo demás, una serie de estudios sociales llevados
a cabo en Canadá ha mostrado que el maltrato a los niños procede, con una frecuencia
muy superior al promedio, de los padrastros.
Sp. Es muy difícil saber cómo surgen las pautas innatas de comportamiento. Los
llamados psicólogos de la evolución, por ejemplo, han intentado deducir, apoyándose
en que no existe, en realidad, ningún dato histórico acerca del hombre primitivo,
conclusiones acerca de la conducta de éstos en las cuevas de la Edad de Piedra a
partir de algunos restos óseos y de la conducta animal. Un par de huesos de los dedos
bastan, con frecuencia, para reconstruir la vida de toda una sociedad. ¿No cree Ud.
que tales saltos resultan problemáticos?
W. No. Esta es la manera en que la ciencia funciona, nos guste o no. Nadie, que yo
sepa, se ha molestado cuando, por ejemplo, los físicos, apoyándose en bases bastante
vagas, llevan a cabo especulaciones acerca del origen del Universo. No se trata, en
absoluto, de dar a conocer verdades grabadas en piedra, sino de hipótesis cuya validez
pueda luego investigarse.
Sp. En todo caso, en la física se es consciente de que niveles diferentes de complejidad
requieren diferentes tipos de descripción. Por ejemplo, el agua que hierve
en una tetera no puede explicarse únicamente echando mano de la física nuclear,
sino que es necesario recurrir a la termodinámica. ¿No podría ser este también el
caso de la conducta humana? Es decir, ¿no habría ciertos límites sólo dentro de los
cuales las analogías serían satisfactorias?
W. Tiene Ud. razón. Es verdad que con frecuencia los sociobiólogos han ido demasiado
lejos al extraer directamente de la selección darwiniana reglas culturales.
Es evidente que todavía sabemos demasiado poco acerca de la manera en que las
reglas escritas en los genes influyen en la civilización. Esta casi total ignorancia se
debe, entre otras cosas, a que muchos aspectos del desarrollo del sistema nervioso,
del sistema hormonal, de los neurotransmisores y de los genes responsables de todo
ello nos son aún desconocidos.
216 Signos Filosóficos
Sp. Tal vez no los conozcamos nunca. En todo caso, en la investigación genética
y neurológica se ha podido constatar que más conocimiento no equivale necesariamente
a una mejor comprensión. Mientras más detalles se conocen, más complejo se
presenta el todo. “Leer en los genes es peor que descifrar jeroglíficos” ha dicho el
biólogo molecular Craig Venter.
W. Es la verdad. El ser humano podría tener 50 000 ó 100 000 genes distintos —
no lo sabemos aún con exactitud— y cada uno de estos genes posee muchas funciones
diferentes. Sin embargo, el problema que aquí se presenta es más de carácter
práctico que fundamental. Es posible que esto constituya un obstáculo que la investigación
no pueda superar en mucho tiempo. Personalmente estoy convencido de
que puede ser resuelto.
Sp. Y aun así, en la actualidad muchos investigadores parecen haber caído en una
especie de éxtasis, buscando dar explicaciones genéticas de todo. Prácticamente cada semana
escuchamos hablar de un nuevo gene responsable del alcoholismo, de la homosexualidad
o de la disposición agresiva. ¿Qué piensa Ud. de esto?
W. Creo que la expresión “éxtasis” describe adecuadamente lo que ocurre en este
momento. Pero aun en aquellos casos en los que los investigadores parecerían caer
en tal vértigo, debemos sobrellevarlo y alentar lo que hacen. Después de todo, son
seres humanos que necesitan confianza para emprender su misión de descubrimiento,
que necesitan creer firmemente en la existencia de otros continentes. Quizás más
tarde podamos constatar que estaban equivocados o que las cosas son más complejas
de lo que se pensaba.
Sp. ¿Pero no cree Ud. que explicaciones excesivamente simplificadas como las
del alcoholismo o la homosexualidad resultan peligrosas?
W. Obviamente. Explicaciones demasiado simples pueden hacer creer que basta
disponer de los medicamentos genéticamente apropiados para hacer desaparecer los
problemas. Me parece que esta expectativa no podrá cumplirse. Pero, además, considero
peligroso estigmatizar, por ejemplo, a quienes son portadores de una disposición
al alcoholismo antes de que se conozca en qué condiciones el gene
correspondiente tiene efectos prácticos.
Sp. ¿Cómo explicaría este nuevo entusiasmo por la genética?
W. El conocimiento ha avanzado muy rápidamente en ese terreno. Una consecuencia
es que ya no se puede explicar al ser humano exclusivamente a partir de su
entorno —como lo han intentado durante mucho tiempo los científicos sociales—.
Sencillamente los hechos hablan en contra de ello. La influencia del factor biológico
es no sólo poderosa, sino evidente.
También los monos tienen… 217
Sp. ¿No le parece que la inclinación a atribuir todo a los genes tiene su origen en
la tendencia humana a favorecer explicaciones simples?
W. Sí, indudablemente. El éxito de la ciencia consiste también en la búsqueda
constante de explicaciones sencillas para fenómenos complejos.
Sp. Es evidente que en nuestros días la ciencia desempeña una doble función: por
una parte, desmitifica el mundo, por la otra, crea también nuevos mitos…
W. Definitivamente. Prueba de ello es el entusiasmo público por los hoyos negros
y las supercuerdas, que son objetos nunca vistos del mundo subatómico. En realidad,
puede afirmarse que la teoría darwinista de la evolución posee prácticamente la misma
fuerza mítica que la historia de la Creación.
Sp. Ud. escribe en su nuevo libro que el ser humano debe cobrar conciencia de su
herencia primitiva, si es que quiere sobrevivir: “Si nos tomamos por dioses y queremos
prescindir de nuestra herencia ancestral, seguramente nos diluiremos en la nada”.
¿Podría aclarar un poco estas afirmaciones?
W. Los seres humanos nos hemos concentrado tanto en nosotros mismos que
hemos llegado a convencernos de habernos elevado sobre nuestro entorno y nuestros
instintos. Nos consideramos como criaturas parecidas a los ángeles y pensamos que
nuestros conocimientos nos permiten todo. Quien así piense ignora la verdadera
naturaleza del ser humano. Es un hecho que la mayor parte de nuestros sentimientos,
deseos y preferencias tiene su origen en nuestra historia biológica y que dependemos
de nuestro entorno. La humanidad haría bien en no renunciar a esta concepción
naturalista del mundo.
Sp. ¿Podría decirlo de manera más concreta?
W. El peor error que la humanidad comete en este momento es el de destruir la
diversidad biológica del mundo. Con ello se pierden también riquezas verdaderamente
invaluables. Por otra parte, con el crecimiento de la población mundial, la
humanidad socava las bases mismas de su vida natural. El resultado es también un
abismo cada vez mayor entre ricos y pobres. Nos movemos en una dirección en la
que los problemas que en el futuro afrontarán los países en vías de desarrollo serán
enteramente distintos de los que se presentarán en el mundo industrializado. La tierra
y el agua se agotarán en los primeros y todo esto tendrá graves consecuencias
políticas. Me temo, en consecuencia, que nos encaminamos a un siglo XXI bastante
incómodo.
Sp. Ud. afirma en su libro que “los cerebros superiores son aquellos que toman
las decisiones más sabias” y que son ellos los que se han impuesto en la evolución.
¿Cómo es posible que la humanidad haya llegado a una situación de esa índole?
218 Signos Filosóficos
W. Estrategias que pueden resultar útiles desde el punto de vista individual y de
algunos grupos pueden resultar en ocasiones fatales para la especie como un todo.
Muchas de las pautas de conducta que hemos heredado del hombre de la Edad de
Piedra tienen efectos desastrosos en nuestros días. Pero lo que más me asusta es la
incomprensión que priva acerca de ello. La abrumadora mayoría de quienes hoy en
día ocupan puestos de importancia en los gobiernos y en los medios de comunicación
carece por completo de una sensibilidad respecto a ello. No entienden ni siquiera
lo poco que hemos logrado saber acerca del hombre y su naturaleza.
Traducción: Luis Felipe Segura

systematic opposition to the fact of evolution Richard Dawkins, el mayor show sobre la Tierra


Charles Darwin’s masterpiece, “On the Origin of Species”, shook society to its core on publication in 1859. Darwin was only too aware of the storm his theory of evolution would provoke but he would surely have raised an incredulous eyebrow at the controversy still raging a century and a half later. Evolution is accepted as scientific fact by all reputable scientists and indeed theologians, yet millions of people continue to question its veracity. In “The Greatest Show on Earth”, Richard Dawkins takes on creationists, including followers of ‘Intelligent Design’ and all those who question the fact of evolution through natural selection. Like a detective arriving on the scene of a crime, he sifts through fascinating layers of scientific facts and disciplines to build a cast-iron case: from the living examples of natural selection in birds and insects; the ‘time clocks’ of trees and radioactive dating that calibrate a timescale for evolution; the fossil record and the traces of our earliest ancestors; to confirmation from molecular biology and genetics. All of this, and much more, bears witness to the truth of evolution. “The Greatest Show on Earth” comes at a critical time: systematic opposition to the fact of evolution is now flourishing as never before, especially in America. In Britain and elsewhere in the world, teachers witness insidious attempts to undermine the status of science in their classrooms. Richard Dawkins provides unequivocal evidence that boldly and comprehensively rebuts such nonsense. At the same time he shares with us his palpable love of the natural world and the essential role that science plays in its interpretation. Written with elegance, wit and passion, it is hard-hitting, absorbing and totally convincing.