Los multimillonarios que financian a la extrema derecha y el nuevo auge fascista

Red Filosófica del Uruguay

Los multimillonarios que financian a la extrema derecha y el nuevo auge fascista
por T.J. COLES


Estampilla soviética en homenaje a Samantha
 
Los multimillonarios y los trabajadores tienen una cosa en común: suelen odiar al gobierno. Pero odian al gobierno por diferentes razones. Para los trabajadores, el gobierno puede ser demasiado derechista en algunos temas: permite que el capital transnacional socave los empleos y los salarios. En otros temas, muchos trabajadores pueden ver al gobierno como demasiado de izquierda, permitiendo lo que ellos ven (incorrectamente) como inmigración excesiva. Los multimillonarios, en cambio, llegan a odiar al gobierno porque a veces se ve obligado a responder a la presión de las bases populares, lo que puede significar la introducción de regulaciones financieras, la sindicalización y otras políticas que dañan sus ganancias.

A falta de estallidos de golpes fascistas declarados, los elementos de la clase dominante estimulan el malestar social para…

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Globalización incoada: España como objetivo y país a absorber troceándolo y debilitando sus estructuras políticas , su propia soberanía social y política.

España , objetivo de los carteles globales , Bildeberg, etc.

El peso de la ética en la política. David Alvargonzález, Universidad de Oviedo (España)

Origen: El peso de la ética en la política

Gustavo Bueno y David Alvargonzález
Materialismo Filosófico y Teoría del Cierre Categorial

Poesía y política. Los resistentes fusilados por los nazis en Francia. Paul Celan y Louis Aragon escribieron sobre los héroes muertos en Francia , durante la II Guerra Mundial

Cartel nazi contra los resistentes asesinados por los alemanes en Francia, el año 1944

Este es el enlace al artículo donde se explica el tema de los resistentes extranjeros en Francia, fusilados por los nazis en 1944. https://www.franceculture.fr/histoire/aragon-eluard-hommage-groupe-manouchian-poesie

Le 21 février 1944, vingt-deux résistants du groupe Manouchian sont fusillés par les nazis. C’étaient des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) de la Main d’œuvre immigrée (MOI). Des étrangers, communistes, qui luttaient contre l’occupant allemand. Ils sont restés célèbres car la propagande nazie avait placardée dans toute la France une affiche, sur fond rouge, censée les discréditer. Quatre d’entre eux étaient Ivryens : Celestino Alfonso, Roger Rouxel, Robert Witchiz et Wolf Wajsbrot. Le 21 février 2010, lors dune cérémonie leur rendant hommage au cimetière parisien d’Ivry, l’un des derniers témoins du groupe, Henri Karayan, a accordé une interview à l’Hebdo.net.
REPORTAJE audiovisual. El cartel nazi contra los resistentes anti nazis que fueron fusilados por los alemanes, en la Francia ocupada, durante la II Guerra Mundial

Europa. Academicismo contra la Historia. Dossier, en francés

« Europe: l’académisme contre l’Histoire » (1/6)

Réponse sourcée à cette tribune, que nous publions pour enrichir le débat historique – dans l’attente d’une réponse à al réponse… 🙂

FUENTE: https://www.les-crises.fr/europe-lacademisme-contre-lhistoire-1-6/

– Introduction

– « D’éminents historiens européens » contre le royaliste documenté Philippe de Villiers

– Un dossier historique « biaisé » par « d’éminents historiens européens »

  • Les fallacieuses origines de l’Union européenne
  • Adenauer et les siens, de la vieille à la « nouvelle Allemagne »
  • De la France « européenne » et « résistante » contre Pétain au triomphe des vichysto-américains ?
  • L’oubli des « premières Communautés européennes »
  • Jean Monnet « l’Américain » : une calomnie ?
  • Le tandem Monnet-Schuman et la prétendue « bombe » du 9 mai 1950
  • Robert Schuman calomnié ?
  • Walter Hallstein, simple « non résistant » ?

– Conclusion

Introduction

Les préparatifs des élections européennes donnent couramment lieu à un torrent d’interventions de personnalités, historiens en tête, en faveur de l’Union européenne et contre toute critique. En mars-avril 2019, le flot d’indignation s’est concentré sur l’ouvrage de Philippe de Villiers, J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu, présenté en modèle des « contrevérités » et du « complotisme » anti-européens. Il n’était pas question, peu avant une nouvelle échéance électorale « européenne », de laisser sans châtiment ce qui a été tenu pour un assaut périlleux contre l’Union européenne et l’atlantisme. Du service public audiovisuel à la presse écrite, un déluge s’est déversé, consultation des « historiens de référence » à l’appui. Ainsi, et entre autres, Le Monde, le 14 mars1 , France Culture, le 20 mars2 , Le Monde, le 27 mars3 , ont-ils mis solennellement en garde leurs lecteurs contre le « tissu de faux-semblants » dont cet « europhobe convaincu » se serait rendu coupable « sur les origines de la construction européenne ». La dernière « tribune » susmentionnée, signée par « d’éminents historiens européens », a inspiré divers journalistes, telle Anne-Sophie Mercier, qui en a fait un « copié-collé » rageur dans Le Canard enchaîné du 3 avril4

« Paranostradamus. “L’Agité du bocage” a une vision de la fondation de l’Europe apocalyptique et l’art de transformer ses fantasmes en vérités historiques ». . Elle n’épuise pas la liste des appels académiques à gommer l’histoire vraie de la construction européenne (ou américano-européenne) d’après 1945, qui se sont poursuivis sur le même mode, notamment, dans Le Monde le 17 avril5 , par deux des signataires du 27 mars, Robert Frank et Gérard Bossuat, et le 19 avril, par une nouvelle équipe internationale, à l’initiative de deux universitaires de Lille, Stéphane Michonneau et Thomas Serrier6.

La « tribune » du 27 mars est centrée sur deux thèmes décrétés « europhobes » :

– 1° « Les attaques approximatives et tendancieuses contre trois bâtisseurs de l’Europe »: Jean Monnet, Robert Schuman et Walter Hallstein », et, simultanément, sur l’argumentation centrale de Villiers, l’origine très américaine de l’Union européenne. J’y consacrerai l’essentiel du texte qui suit

– 2° L’atteinte portée par Villiers « à l’honneur des chercheurs français et européens engagés dans les études sur l’Union européenne », qui me servira de brève conclusion.

Les signataires de ces assauts déclarent combattre « les attaques approximatives et tendancieuses [menées] contre » le trio ciblé des « pères de l’Europe » à coup d’affirmations directement puisées aux fiches Wikipédia quand celles-ci (en langue française, particulièrement) servent les arguments présentés : le cas est particulièrement frappant pour Walter Hallstein. « Défendre » leur chère « Europe » assaillie sans s’astreindre à la démonstration archivistique est la méthode habituelle des « éminents historiens européens ». Assurés de trouver un accueil chaleureux dans tous les grands moyens d’information et disposant de l’énorme écho que cette bienveillance confère auprès de la population, ils s’estiment consécutivement dispensés de présenter les sources de leur philippique contre les « insinuations » et « la méthode insidieuse » de M. de Villiers.

« D’éminents historiens européens » contre le royaliste documenté Philippe de Villiers

L’ouvrage incriminé le confirme, et ses derniers chapitres de manière caricaturale, Philippe de Villiers est assurément un parangon contemporain du royalisme vendéen. Il reproche surtout à l’Union européenne de n’être ni assez catholique romaine ni assez anti-« métèques » ni assez antirouge ni assez anti-Lumières, etc., et aux États-Unis d’incarner ou d’encourager le Mal anti-chrétien qui aurait submergé un continent chrétien d’essence, en collusion parfois avec… les bolcheviques. Il va jusqu’à ériger en complice de la révolution en général, et des Soviets en particulier, et toujours contre l’Europe chrétienne éternelle, le journaliste diplomate William Bullitt, accusé d’avoir depuis la révolution d’Octobre poussé à une complicité de fait entre l’Amérique et les bolcheviques. Accusation saugrenue contre une personnalité qui, de la Conférence de Paris de 1919, au service de Woodrow Wilson, jusqu’à sa mort (1967), voua sa vie aux intérêts du capital financier et à la croisade anticommuniste. Et qui s’illustra particulièrement, en la matière, en France, comme ambassadeur en poste, avant-guerre, ou à nouveau interlocuteur régulier des milieux dirigeants, après-guerre, y compris la « gauche » gouvernementale, légitimement jugée indispensable pour réaliser la décisive scission de la CGT. Ne rêvant que plaies et bosses contre les « rouges », Bullitt, après la Deuxième Guerre mondiale, où l’URSS avait rendu aux États-Unis le fier service de vaincre la Wehrmacht, momentanément aussi gênante que le Reich, inonda la presse de ses textes vengeurs appelant à bombarder l’URSS en une « guerre préventive », puis, après 1949, à réserver le même sort à la Chine perdue par Washington.

Cependant, concernant le présent sujet, on doit admettre que Philippe de Villiers, soucieux de fonder son brûlot, s’attache à démontrer ses affirmations « europhobes ». Ayant acquis pendant sa longue carrière politique une sérieuse connaissance des choses « européennes » connaissance partagée avec tous ses pairs, de « gauche » et de droite, mais par eux strictement censurée , il s’est en outre procuré une masse de documents originaux irrécusables. Cet homme de droite, antisoviétique convaincu, ose même, sur la double base de son expérience personnelle et de la lecture des archives, piétiner la Doxa des responsabilités soviétiques dans la « Guerre froide », ressuscitant la problématique économique de « l’impérialisme » : omettant çà et là l’idéologie, il souligne l’obsession des États-Unis d’écouler en dehors de leurs frontières, en l’occurrence sur le continent européen, leurs productions (structurellement) excédentaires (même s’il ne dit mot de leur surproduction de capitaux, également déversés en énorme quantité).

Il s’appesantit sur quelques auxiliaires (parmi une foule innombrable) auxquels les élites américaines, politiques et économiques, recoururent pour réaliser leurs objectifs « européens ». Il fournit sur « trois [présumés] bâtisseurs de l’Europe: Jean Monnet, Robert Schuman et Walter Hallstein », des informations parfois très précises, surtout concernant le premier, archives américaines à l’appui. Ses nombreux courriers reproduits in extensocorroborent des démonstrations effectuées de longue date par des historiens surtout anglophones : 1°, parfois depuis cinquante ou soixante ans, sur les appétits européens de Washington7

; 2°, depuis vingt ou trente ans, sur lesdits auxiliaires, en anglais surtout8 , mais pas exclusivement9 .

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Les historiens européistes ont été ulcérés d’une telle audace contre ces trois « pères de l’Europe », héros d’une saga qu’ils ont eux-mêmes forgée depuis plusieurs décennies, succédant à la génération précédente animée par Jean-Baptiste Duroselle et ciblée par Villiers. Évacuant d’emblée les documents nombreux et irrécusables cités et reproduits souvent in extenso, ils les réduisent à des « insinuations », préférant à leur indispensable examen l’attaque ad personam et ad hominem hors de propos. Ils ont d’ordinaire, il est vrai, le champ libre par élimination de la concurrence, extérieure et intérieure. D’une part, les travaux anglophones pionniers sur le sujet, ne sont qu’exceptionnellement traduits en français et, quand ils le sont, ils disparaissent vite des rayons des librairies en dépit de la demande. Il en a été ainsi pour l’ouvrage, essentiel, sur la « guerre culturelle » américaine en Europe de la politiste Frances Saunders publié en 1999 (faisant suite à d’autres, moins approfondis). Sa traduction de 2004, Qui mène la danse, épuisée et jamais rééditée, est devenue financièrement inaccessible : elle se négocie sur le marché noir de l’information historique aux alentours de 300 €10 .

D’autre part, d’éventuels historiens francophones curieux, ont été éliminés du champ académique « européen » (colloques nationaux et internationaux, revues universitaires à « comité de lecture », interviews de presse écrite ou audiovisuelle, conseil historique de documentaires, etc.)11 . L’offre universitaire critique en langue française, appuyée sur les sources originales, étant très limitée, l’ultra-minoritaire historienne de « l’Europe » que je suis y renvoie le lecteur, qui pourra ainsi comparer lesdites recherches, sur la longue histoire contemporaine de l’UE, à celles des « éminents historiens européens ».

Un dossier historique « biaisé » par « d’éminents historiens européens »

Les fallacieuses origines de l’Union européenne

Les signataires ne sont pas remontés aussi loin dans la chronologie « européenne » que leur prédécesseur Pierre Gerbet professeur à l’Institut d’études politiques décédé en 2009 et objet, parmi eux, d’une véritable vénération12 , qui datait le projet européen de Charlemagne. Ici, l’origine du vaste projet est attribuée au roi Georges de Bohême du XVesiècle. La fiche française Wikipédia, source probable des signataires de la « tribune » du 27 mars sur ce souverain peu familier aux contemporanéistes, présente l’avantage politico-idéologique de forger à l’Union européenne des racines centre-européennes13 : la grande idée « européenne » proviendrait donc d’un pays situé en ex-zone d’influence soviétique, qui, décidément, avait été historiquement programmé pour n’y jamais appartenir. C’est donc légitimement et logiquement que, après 1989, conformément à sa mission « historique », la Tchécoslovaquie ou, désormais, ce qu’il en reste, cassé en morceaux comme de 1938-1939 à 1945, aurait rejoint un giron « européen » auquel l’épouvantable après-mai 1945 l’avait arraché.

Concernant Aristide Briand, autre « fondateur » présumé, le propos est conforme à un des serpents de mer de l’histoire officielle de l’UE14 , pourtant formellement anéanti par les archives diplomatiques françaises, allemandes, anglaises et américaines. Briand fut après la Première Guerre mondiale un indéniable précurseur de l’« Apaisement » (des années 1930) envers le Reich en quête de revanche sur Versailles et d’expansion illimitée, tant à l’Ouest qu’à l’Est de l’Europe, et envers le Vatican qui servait à cet effet de rabatteur permanent à Berlin. Mais le très cosmétique « plan d’union fédérale européenne » de 1929-1930 du ministre des Affaires étrangères français, ancien « syndicaliste révolutionnaire » adepte de la « grève générale » converti aux vertus du capitalisme et à la répression anti-ouvrière par une participation ministérielle intense15 , avait en fait des ambitions très limitées. Comme après la guerre suivante, le Reich se posait déjà en « meilleur élève de la classe européenne », pour complaire à Washington contre la France et les autres pays européens. J’applique ici aux années 1920 la formule dont l’historien Pierre Guillen usa pour l’après-guerre suivant, qualifiant la RFA de « meilleur élève de la classe européenne et de la classe atlantique »16 : c’était dans les années 1970, où on pouvait encore, en comparant l’actualité à ses étapes antérieures (car les archives n’étaient pas encore ouvertes), appeler un chat un chat.

Briand visait, par son prétendu « plan “européen” » présenté en septembre 1929 à la tribune de la Société des Nations, un objectif plus modeste que proclamé : freiner ou retarder la mise en œuvre de la totale Gleichberechtigung (égalité des droits). La République de Weimar la revendiquait pour pouvoir balayer les traités de paix de 1919-1920 qui avaient sanctionné la défaite. Ils avaient en effet, en fait ou sur le papier, réduit son territoire de 1918 et les ressources y afférentes, et interdit ou bridé son expansion territoriale, son réarmement et sa Revanche. Le Reich était assuré en ce domaine comme en tout autre réarmement inclus du ferme soutien des États-Unis : ceux-ci avaient déjà établi leur tête de pont en Europe via ce partenaire privilégié (et rival) commercial, industriel et financier au puissant capitalisme concentré si lié depuis l’avant-guerre au leur. La quasi-totalité des forces politiques allemandes (KPD et infime minorité des socialistes de gauche exceptés) revendiquait cette « égalité des droits », de la majorité du SPD à l’extrême droite17 .

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Adenauer et les siens, de la vieille à la « nouvelle Allemagne »

S’illustra dans l’affaire, entre autres, le maire de Cologne, un des chefs du parti catholique, le Zentrum, Adenauer, ici mentionné, une seule fois, comme « chancelier de la nouvelle République fédérale d’Allemagne ».

Nouvelle Allemagne, vraiment ? Ce n’est pas ce qui ressort des archives du Quai d’Orsay et des archives diplomatiques étrangères, catégoriques sur la parfaite continuité de la politique extérieure de l’État allemand, du IIe Reich à la RFA en passant par Weimar et le IIIeReich. Depuis des décennies, les travaux scientifiques ont démontré la pertinence des hypothèses avancées en ce sens, par des historiens aux options idéologiques radicalement opposées. Notamment, l’historien Charles Bloch, juif allemand chassé d’Allemagne, enfant, par le régime hitlérien, français, puis israélien, auteur de la synthèseLe IIIè Reich et le monde18Charles Bloch, Le IIIè Reich et le monde, Paris, Imprimerie nationale, 1986. ; et Fritz Fischer, qui, pour avoir été à l’université de Hambourg, sous Hitler, depuis 1942, professeur d’histoire incontestablement nazi (comme tous ses pairs) – on y reviendra à propos de Walter Hallstein , n’en fut pas moins, après 1945, un grand historien, spécialiste des très durables Buts de guerre de l’Allemagne impériale 1914-191819Fritz Fischer, Les buts de guerre, Paris, Trévise, 1970, trad. de Griff nach der Weltmacht, 1961. Bonne synthèse, Walter von Goldendach, Hans-Rüdiger Minow, “Deutschtum erwache!” Aus dem Innenleben des staalichen Pangermanismus, Berlin, Dietz Verlag, 1994. .

Adenauer, qu’on pourrait ici croire aussi « neuf » que la RFA, ne l’était pas davantage. Du très droitier et clérical maire de Cologne (né en 1876), intimement lié au capital financier allemand qui l’avait tôt récompensé par une kyrielle de postes de conseils d’administration20 , et officiel « père de l’Europe » d’après-Deuxième Guerre mondiale, M. de Villiers ne dit rien non plus. Or, Adenauer avait été un des animateurs, au sein du Zentrum (parti catholique), de la croisade contre le Diktat de Versailles et tous les traités bridant l’expansion allemande, contre l’occupant français et contre « la honte noire » de ses troupes coloniales d’occupation, et un des hérauts de la Revanche. L’ensemble de ces objectifs fonda précocement l’entente entre Zentrum, Vatican et NSDAP, sur la politique extérieure et sur l’accord gouvernemental avec le NSDAP, formule d’une droite sans exclusive poursuivie depuis la Défaite.

Champion sonore de la Gleichberechtigung, stricte « égalité des droits » balayant les traités érigeant le Reich vaincu en État mineur, Adenauer présentait dans les années 1920 l’Anschluss aux publics étrangers – il visait l’américain surtout comme un innocent et pacifique objectif « européen ». Il ne trompait personne dans les milieux bien informés : l’annexion allemande de l’Autriche avait été interdite par les traités de Versailles et de Saint-Germain, car elle tuerait, quelques mois après sa mise en œuvre, la Tchécoslovaquie et entraînerait à très court terme l’absorption de tout l’ancien empire austro-hongrois21 .

Le même Adenauer, institué à 73 ans chancelier, sous l’égide de l’occupant américain, lors de la fondation officielle de la RFA (mai 1949), s’illustra à nouveau, après mai 1945, en avocat de la Gleichberechtigung, avec ses ministres, officieux puis officiels, des Affaires étrangères (Walter Hallstein) et de la Guerre (Theodor Blank), aussi pangermanistes et revanchards que lui. « L’égalité des droits » de l’Allemagne (alors de l’Ouest) impliquait entre autres, sous l’égide des États-Unis, et comme dans le précédent après-guerre :  1°, son réarmement précoce : préparé dès mai 1945, il fut officiellement obtenu dans les années 1950, sous divers prétextes regroupés sous le thème de « la menace soviétique », idéologique, politique et militaire, également invoquée par nos signataires; 2°, la réunification du Reich, sous l’égide de la RFA chérie de Washington.

Le succès de ce second objectif, dont le très pangermaniste ministre des Affaires étrangères d’Adenauer Walter Hallstein se fit dès sa nomination officielle le champion sonore en clamant la légitimité de la seule RFA à représenter l’Allemagne entière, requit, vu les rapports de forces et compromis hérités de 1945, quelques décennies supplémentaires. Un de nos meilleurs diplomates, Armand Bérard, l’avait avec effroi formellement prévue au début de 1952, avec toutes ses conséquences est-européennes, dont l’écroulement de la zone d’influence soviétique :

« La contre-offensive antisoviétique que commencent à déclencher les Américains […] éveille chez les Allemands l’espoir que la défaite de 1945 n’a été qu’un épisode dans un plus long conflit, qu’aucun traité ne le sanctionnera et que le règlement européen prendra pour base non pas la situation de 1945, mais celle qui résultera de cette contre-offensive. Dès maintenant leurs diplomates, recrutés le plus souvent dans les milieux de la Wilhelmstrasse qui ont servi le régime hitlérien, et leurs experts militaires manœuvrent pour qu’au moment de ce règlement l’Allemagne se trouve dans la position la plus favorable et tire le maximum d’une paix où, pour la première fois, depuis 40 ans, elle prendra place aux côtés des vainqueurs. Ils pensent que des mérites qu’elle se sera acquis dépendra, dans une large mesure, la solution de la question autrichienne et celle des problèmes territoriaux en Europe Centrale et Orientale. Avec l’absence de mesure qui la caractérise, l’Allemagne se précipitera avec ardeur dans la voie indiquée par l’Amérique, si elle acquiert la conviction que la plus grande force est de ce côté et se montrera même plus américaine que les États-Unis. […] Adoptant les thèses américaines, les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. »

Dans une France correctement informée, le télégramme Bérard du 18 février 1952 dénonçant sur les périls, pour l’ensemble de l’Europe, d’un irrédentisme allemand débridé par des États-Unis pressés d’en découdre avec l’URSS devrait être reproduit in extenso par tous les manuels d’histoire, à partir du lycée22 . Le texte époustouflant de cette Cassandre annonçant 1989 et ses lendemains passerait aujourd’hui pour littérature « complotiste » visant à « diaboliser » une Allemagne pacifique et des États-Unis bienveillants. Il cadre mal avec la vision idyllique d’une victoire de la démocratie, enfin remportée, à l’Est de l’Europe, contre le totalitarisme soviétique.

Car convertir les futurs professeurs à la pertinence de ce tableau irénique fut un objectif majeur du choix du thème du concours de recrutement de l’enseignement secondaire de 2007-2009, La construction de l’Europe. Il avait été forgé par l’historien français Robert Frank, signataire (et rédacteur) majeur des tribunes des 27 mars et 17 avril 2019. Il comptait ainsi faire de la « pédagogie » aux Français jugés incultes et expier leur NON majoritaire au référendum sur la constitution européenne de mai 2005 : il convenait de convaincre les candidats au professorat d’histoire, c’est-à-dire, consécutivement, les générations d’élèves et d’étudiants qu’ils allaient former, du miracle « européen » né de la « chute [de] l’URSS et] du Mur »23 .

Les tribunes électorales du printemps 2019 s’inscrivent dans une remarquable continuité. Philippe de Villiers est sur la question Adenauer, quel dommage, d’une aussi grande discrétion que leurs signataires.

Par Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris 7.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

Notes

1.https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/03/14/philippe-de-villiers-et-l-europe-entre-contre-verites-et-complotisme_5436099_4355770.htmli
2.https://www.franceculture.fr/histoire/leurope-est-elle-une-creation-des-etats-unis
3.https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/27/philippe-de-villiers-n-a-pas-le-droit-de-falsifier-l-histoire-de-l-union-europeenne-au-nom-d-une-ideologie_5441688_3232.html
4.« Paranostradamus. “L’Agité du bocage” a une vision de la fondation de l’Europe apocalyptique et l’art de transformer ses fantasmes en vérités historiques ».
5.Robert Frank et Gérard Bossuat, https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/04/17/les-historiens-n-ont-pas-attendu-de-villiers-pour-casser-le-mythe-selon-lequel-seuls-les-resistants-ont-contribue-a-la-construction-europeenne_5451663_3232.html
6.Prescription ahurissante pour le travail historique mais d’apparence progressiste et antiraciste, Stéphane Michonneau et Thomas Serrier, https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/04/19/pour-construire-l-europe-il-faut-reconstruire-son-histoire_5452318_3232.html
7.Parmi les pionniers figurent William A. Williams, The Tragedy of American Diplomacy, New York, Dell Publishing C°, New York, 1972 (1e éd., 1959); Gabriel Kolko, The Politics of War. The World and the United States Foreign Policy, 1943-1945, New York, Random House, 1969, et G. et Joyce Kolko, The Limits of Power. The World and the United States Foreign Policy 1945-1954, New York, Harper and Row, 1972; et
8.Travaux, essentiels, de Richard Aldrich, The hidden hand : Britain, America, and Cold War secret intelligence, London, John Murray, 2001; et « OSS, CIA and European unity: The American Committee on United Europe, 1948–60 », Diplomacy & Statecraft, 8/1, 1997, que mentionne Villiers; cités, avec d’autres références, dans mon article « L’Union européenne de la légende aux réalités historiques », 2e partie, « De l’Europe allemande à l’Europe américaine : 1940-début des années 1950 », II, Le Réveil des Combattants, n° 850, décembre 2018-janvier 2019, n. 8, p. 16 (13-20).
9.Outre les ouvrages, la rubrique des articles et communications de http://www.historiographie.info/cv.html, très nombreux, fournit des pistes sur Robert Schuman, Jean Monnet, et sur la non-dénazification en Europe occidentale (dont témoigne le cas de Walter Hallstein) par les seuls intitulés ; certains sont cités dans Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2016; recension des auxiliaires, de la gauche anticommuniste à la droite, Éric Branca, L’ami américain. Washington contre de Gaulle, Perrin, Paris, 2017.
10.Saunders Frances, The cultural Cold War : the CIA and the world of art and letters, New York, The New Press, 1999 (Qui mène la danse, la Guerre froide culturelle, Denoël, 2004). Philippe de Villiers l’a également évacuée de sa bibliographie, préférant citer des auteurs, moins complets et moins accablants, sur les instruments idéologico-politiques de Washington. Prix affiché par Amazon, en occasion, fin 2018.
11.Atmosphère académique, où l’histoire se distingue de moins en moins de la pure propagande, Carcan, et L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012.
12.Ibid., où apparaît souvent le « guide » Gerbet (Carcan, p. 8-9), un des membres de « l’équipe d’historiens » qui fabriqua les Mémoires de Monnet, Villiers, J’ai tiré, p. 37.
13.https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_de_Boh%C3%AAme
14.La bibliographie de sa fiche https://fr.wikipedia.org/wiki/Aristide_Briand#cite_note-13constitue un modèle d’historiographie « européiste ».
15.Sa fiche susmentionnée ne fournit aucune source sur la grève des cheminots de 1910 et la hargne que, président du Conseil, il y déploya (égale à celle du ministre de l’intérieur Clemenceau de 1906 à 1909).
16.Pierre Guillen et Georges Castellan, L’Allemagne. La construction de deux États allemands, 1945-1973, Paris, Hatier, 1979, p. 94; l’excellent ouvrage de Guillen, L’Empire allemand 1871-1918, Paris, Hatier, 1e édition, 1970, remplacerait avantageusement les manuels « européistes » des récentes décennies pour faire saisir au public étudiant la remarquable continuité de la politique allemande.
17.Non traduits : Schuker Stephen A., The End of French Predominance in Europe: The Financial Crisis of 1924 and the Adoption of the Dawes Plan, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1976; Costigliola Frank, Awkward Dominion : American Political, Economic and Cultural Relations with Europe, 1919-1933, Ithaca, Cornell University Press, 1984; Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, 2010, index Briand.
18.Charles Bloch, Le IIIè Reich et le monde, Paris, Imprimerie nationale, 1986.
19.Fritz Fischer, Les buts de guerre, Paris, Trévise, 1970, trad. de Griff nach der Weltmacht, 1961. Bonne synthèse, Walter von Goldendach, Hans-Rüdiger Minow, “Deutschtum erwache!” Aus dem Innenleben des staalichen Pangermanismus, Berlin, Dietz Verlag, 1994.
20.https://de.wikipedia.org/wiki/Konrad_Adenauer#Oberb%C3%BCrgermeister_K%C3%B6lnssur ses conseils d’administration des années 1920.
21.Étroite communauté sur le terrain « catholique », Lacroix-Riz, Le Vatican, chap. 1-10, passim; Anschluss, mine des fonds Europe Autriche 1918-1940, recensés p. 664.
22.Tél. réservé n° 1450-1467 de Bérard, Bonn, 18 février 1952, Europe généralités, 22, CED, archives du MAE, cité in extenso, Carcan, p. 153-156.
23.Bibliographie de « Penser et construire l’Europe ». Historiens et Géographes, n°399, septembre 2007; Lacroix-Riz, « Penser et construire l’Europe. Remarques sur la bibliographie de la question d’histoire contemporaine 2007-2009 parue dans Historiens et Géographes n°399 », La pensée, n° 351, octobre-décembre 2007, p. 145-159; et Carcan, p. 6 et passim.

Educación primaria y secundaria en España. Enseñanza de religión islámica y problemas relacionados. Tesis planteadas por el filósofo español Gustavo Bueno, fundador de la Teoría del Cierre Categorial y el Materialismo Filosófico

¿POR QUÉ NO ES PRUDENTE , POLITICAMENTE, QUE SE INTRODUZCA LA ENSEÑANZA DEL MAHOMETISMO EN LAS ESCUALES ESPAÑOLAS EN EL PRESENTE( 2019)EN ESPAÑA?

En este vídeo y conferencia imprescindible en el actual momento político y social, en España y Europa, entre otros lugares del mundo, se analizan , desde las coordenadas del Materialismo Filosófico, las implicaciones que conlleva el insistente y recalcitrante empeño de los islamistas en España, de que en los colegios españoles se enseñe el islamismo, con profesores pagados por el Estado.Este empeño está presente de modo notorio en pleno mes de elecciones generales en España, mayo de 2019.

Sobre la enseñanza del islam en la educación pública, en España
Sevilla : El Cristo de la Salud de los Gitanos saliendo de la Catedral 

Imprescindibles: dos conferencias políticamente muy importantes de Gustavo Bueno sobre España, la Idea de Imperio, y la relación de España con Europa y con Iberoamérica , el Islamismo, el protestantismo anglosajón.Los secesionistas anti españoles, etc.

www.youtube.com/watch

En la primera conferencia que corresponde al primer vídeo, que data de abril de 1998, Bueno plantea varios de los problemas y tesis que expondría con mayor amplitud, en el libro España frente a Europa.

Esta primera conferencia,España, puede estudiarse , desde el libro que mencionamos a continuación:

Sobre este libro y esta edición

Gustavo Bueno pronuncia en Oviedo, el 14 de abril de 1998, en el Club de Prensa Asturiana, abarrotado de público, y en el contexto de la reunión Hispanismo en 1998, la conferencia «España», disponible hoy en internet por televisión material (según un texto que ya tenía elaborado y que inmediatamente publica El Basilisco,nº 24, páginas 27-50). Presenta al conferenciante José Manuel Vaquero Tresguerres, director general del periódico La Nueva España, quien allí mismo anima a Bueno a preparar este libro. Culminado el original en septiembre de 1999, Alba Editorial (también del grupo Prensa Ibérica) publica la primera edición de España frente a Europa en octubre de 1999, libro que, corregidas algunas erratas, conoce una segunda (marzo de 2000) y una tercera edición (mayo de 2000).

Esta edición reproduce el texto íntegro de la obra, libre de las erratas advertidas, e incorpora {entre llaves} algunas, no todas, de las notas manuscritas por el autor sobre los márgenes del ejemplar impreso de la primera edición que tenía rotulado Anotaciones. Al final se ofrece también un primer «Apunte para las solapas», de Bueno, que no se utilizó, y su «Texto para la contracubierta» (incorporado por Alba en sus tres ediciones).

España como nación. Es el segundo video, de abril de 2005, siete años después de la conferencia titulada España.

En cuanto a los contenidos de la segunda conferencia, España como nación, sugerimos la lectura del libro de Gustavo Bueno titulado España no es un mito;

Del libro España no es un mito
Del libro España no es un mito

España no es un mito

Asunto de plena actualidad en los Parlamentos y en la calle, la cuestión de la identidad de España carece todavía hoy de documento nacional irrefutable. ¿Existe España? ¿O es, acaso, un ensueño, una ilusión, un mito? El presente ensayo ofrece una defensa razonada de la esencia y de la existencia de España a través de siete preguntas fundamentales. Su autor, el profesor Bueno, rebate una a una las posiciones y proposiciones de quienes niegan, desprecian o ponen en duda la realidad de España. Con su contundencia habitual no exenta de polémica, Gustavo Bueno desmenuza lapidarias fórmulas que sostienen la irrealidad de España para dar cabida y consistencia a fantásticos bucles melancólicos. Una contribución oportuna, interesante y valiosa, tanto en el fondo como en la forma, para esclarecer la confusión reinante a este respecto.

«Este libro es uno más de los libros españoles de contraataque, escritos frente a los enemigos de España, los que desprecian su esencia (o consistencia) y los que llegan a poner en duda, y aun a negar, su propia existencia.»

Conferencia de Ferrer Benimelli , SJ,sobre la expulsión y restauración de los jesuitas

Un investigador que es, acaso, más conocido por sus profundos conocimientos sobre la masonería, expone en esta interesante conferencia el proceso de la expulsión de la orden de los jesuitas y su posterior restauración.

Congreso de la Restauración de la Compañía de Jesús: 1814-2014. J.Antonio Ferrer Benimeli sj

El filósofo que el Wittgenstein del Tractatus ninguneó: Fritz Mauthner

TEXTO SOBRE EL LENGUAJE Y LA FILOSOFIA

Contribuciones a una crítica del lenguaje, de Fritz Mauthner

FUENTE http://bibliotecadelpsicoanalista.blogspot.com/2009/12/contribuciones-una-critica-del-lenguaje_11.html

AUTOR : Gabriel Meraz Arriola; practica el psicoanálisis en la ciudad de México, publica artículos en libros y revistas y participa en actividades relacionadas con la transmisión del psicoanálisis. Es miembro de la École Lacanienne de Psychanalyse.

Hoy casi nadie recuerda a Fritz Mauthner y presumo que, en buena medida, tuvo la culpa de su olvido Ludwig Wittgenstein, quien hizo el flaco favor a nuestro autor de distinguirlo en su célebre Tractatus con una cita que iba en estos términos: “Toda filosofía es ‘crítica del lenguaje’. Eso sí, no en el sentido de Mauthner“. Wittgenstein, como se sabe, publicó este libro (escrito en las trincheras, en plena Primera Guerra Mundial) en 1918 y quería dar solución en él a los problemas fundamentales de la filosofía. Ya no hay nada que pensar, dijo, y mandó a los filósofos a freír espárragos a la cocina.
Pero sabemos que el autor del Tractatus no prosperó en su  tentativa de asesinar la filosofía (Deleuze fue uno de los más persuadidos de sus criminales tentativas) o, más bien, de abolir la actividad filosófica (si estas dos palabras podían ir juntas en el siglo XX, cosa que Wittgenstein echó en falta más que ningún otro filósofo). Sabemos que no consumó su intento de acabar con la filosofía porque su libro hizo de escalera al ascenso del Círculo de Viena y la filosofía analítica. Era el tiempo en que los filósofos hacían agujeros al lenguaje -visto como una forma lógica- para mirar sus adentros y constatar si algo por ahí les develaba el misterio del conocimiento humano, una vez expurgada su inextricable (aunque inexpugnable, a fin de cuentas, ¡con qué tristeza lo comprobaron!) metafísica. Dicho de otro modo, tales filósofos tocaron con la punta de la lengua la cáscara del queso que Nietzsche había roído con furor.
Y a fin de cuentas Wittgenstein no acabó la filosofía porque él mismo abandonó las montañas para volver a la palestra de los pensadores a decir que no, que no había mostrado (porque una cosa es decir y mostrar muy otra) con tanta exactitud como llegó a pensar y a decir los límites de lo pensable y lo decible. Reconsideró el autor del Tractatusque los límites de su lenguaje no eran los límites del mundo y que no estaba tan mal quizás hablar de lo que no se puede hablar, si al final lo importante era el uso del lenguaje (que era el significado), visto como un juego que tiene reglas. Lo más raro es que -antes que Wittgenstein– Fritz Mauthner hablaba del lenguaje como un juego en sus Contribuciones a una crítica del lenguaje. Y es que si “el primero” las denostó, “el segundo Wittgenstein” debía bastante a la elucubración mauthneriana sobre el lenguaje, si bien hasta donde pude indagar nunca volvió a mencionar su nombre más allá del precitado aforismo 4.0031 del Tractatus Logico-philosophicus. De hecho, si hoy ya casi nadie recuerda a Fritz Mauthner hay quien parece recordarlo sólo por aparecer mentado allí (véase, como ejemplo, esta página donde pueden descargarse algunos de sus textos en lengua original). Nada más injusto para el destino de su obra. ..

Hijo de un fabricante de telas judío, Fritz Mauthner (1849-1923) fue una de las personalidades más polifacéticas y controvertidas de una ciudad (Viena) y una época (albores del siglo XX) en la que no escasearon los personajes controvertidos y polifacéticos. Periodista de profesión, abandonó en 1874 estudios de derecho para dedicarse de lleno a su pasión por la filosofía y la literatura. Publicó novelas (una policial), relatos, ensayos, obras de teatro, artículos y un monumental diccionario, pero consagró su más grande esfuerzo a un proyecto principal: la “crítica del lenguaje” (sprachkritik). La primera versión de esta obra (hoy desaparecida) fue escrita en 1874, y se sabe que ese año Mauthner redactó otra (también desconocida) en el mismo tenor: Der Spraschschreck (El espanto de la lengua). Uno de sus últimos trabajos, Tres imágenes del mundo, se abocaba también a la “crítica del lenguaje”.
Influida por el nihilismo de Nietzsche y el nominalismo de Ernst Mach, la crítica de Mauthner no se reducía a un análisis lingüístico, no era tanto un conocimiento del lenguaje como un escepticismo radical sobre su valía como instrumento de conocimiento. En la línea del Nietzsche de Sobre la verdad y la mentira en el sentido extramoralMauthner consideró que la naturaleza metafórica del lenguaje no podía más que falsear la “realidad”; por ello el hombre, animal dotado de palabra, debía satisfacer su pulsión de saber con las pálidas imágenes que el verbo le ofrecía en la forma de unos conceptos cada vez más gastados y alejados de las sensaciones, de la experiencia real. A diferencia de Kant, que confiaba en que las formas lingüísticas y lógicas del juicio eran también las formas de toda “experiencia genuina”, Mauthner sostuvo que el lenguaje hacía tropezar el pensamiento y era especialmente impropio para construir una imagen del mundo verdadera, un reflejo de la realidad. Al leer un fragmento de su Diccionario de Filosofía, no es difícil saber por qué el autor de las Contribuciones desagradó tanto al Wittgenstein del Tractatus; escribe Mauthner: “La filosofía es teoría del conocimiento, la teoría del conocimiento es crítica del lenguaje, y la crítica del lenguaje es trabajar con la idea liberadora de que los hombres nunca llegarán a ir más allá de una descripción metafórica (bildliche darstellung) del mundo”. Como recordarán quienes hayan trepado por los peldaños del Tractatus (para arrojarse al vacío del logicismo más místico -y tanto más místico cuanto más lógico- que pudo haber en la historia del pensamiento), Wittgenstein hacía reposar su sistema filosófico en una concepción de la representabilidad de los hechos del mundo como bildliche darstellung
Mauthner quiso abolir la “superstición” -un auténtico fetichismo de la cultura, decía- consistente en suponer que el lenguaje ofrece una imagen fidedigna de las cosas y los hechos del mundo, que además fomenta la mutua comprensión entre los individuos. Siendo tan inadecuada como era, en su opinión, para la ciencia, reducía la función de la palabra al silencio o a la poesía. No escapaba al autor, sin embargo, la paradoja esencial que envolvía a su proyecto: la “crítica del lenguaje” sólo podía ejercerse en y desde el lenguaje.
La redacción inicial de las Contribuciones data de 1892, los dos primeros vólumenes se publicaron en 1901, y el tercero y último en 1902. Por las mismas fechas H. Von Hoffmanstal publicó en Viena su Carta de Lord Chandos, otra demoledora crítica al lenguaje y sus posiblidades de expresión.
A pesar de que hoy casi nadie recuerda a Fritz Mauthner, como autorconoció celebridad en su tiempo, si bien mantuvo su pensamiento al margen de los círculos académicos. Escritores como Jorge Luis Borges (quien citaba el Diccionario de Filosofía de Mauthner como una de las obras más leídas, releídas, y “abrumada de notas” de su biblioteca), Samuel Beckett y James Joyce (se sabe que éste le pedía al primero leer en voz alta fragmentos de las Contribuciones mientras escribía el Finnegans Wake) trasladaron a la literatura elementos de la crítica mauthneriana al lenguaje. Sigmund Freud no lo menciona -que yo sepa- ni una sola vez en su obra, pero es impensable que ignorase la existencia de este protagonista clave de la vida cultural vienesa. La verdad es que no sé por qué hoy ya casi nadie recuerda a Fritz Mauthner, si dice cosas tan interesantes sobre el lenguaje. Juzguen si no: ..

Mitología en el lenguaje. En las ciencias del espíritu, especialmente en las intuiciones del lenguaje humano, existe todavía sin debilitación esta necesidad mitológica. Aquello que sostienen no solamente el cura y el pueblo acerca del lenguaje, sino también casi todos los lingüístas, uno tras otro, esto es, que el idioma sea un instrumento de nuestro pensamiento (un admirable, instrumento, además) me parece una mitología. Según esta representación, aun hoy comúnmente aceptada, está sentada en un lugar cualquiera del cauce del lenguaje una divinidad, figura de hombre o de mujer, el llamado pensar, y bajo las inspiraciones de una divinidad análoga, la lógica, domina el lenguaje humano con la ayuda de una tercera divinidad sirviente, la gramática. Yo lo tendría como el más orgulloso resultado de mi investigación si pudiera convencer a la humanidad de lo falso e inútil de estas tres divinidades, pues el servicio de los dioses falsos exige siempre sacrificios y, por consiguiente, es nocivo.
Amor. En parte alguna se ve más claro que en el diálogo de dos enamorados, cómo el lenguaje es un medio, algo entre los hombres. Pero, dejando toda poesía a un lado, aquí llega a ser realmente una regla de juego. Para la cópula de dos espíritus no es, pues, el mejor medio el idioma, porque o es muy tímido o muy burdo para los íntimos abrazos. Únicamente el pueblo africano efectúa esto abiertamente a la luz del sol y del lenguaje.
Poder de la palabra. Por ser el lenguaje una fuerza social entre los hombres, ejerce también una fuerza sobre el pensamiento del individuo. Lo que en nosotros piensa es el lenguaje, lo que en nosotros versifica es el lenguaje. La sensación tantas veces traída en palabras de “yo no pienso: algo piensa en mí” –esta sensación de coacción, de fuerza, es completamente justa.
Hipnosis. Hay grupos de dementes que hacen lo mismo sin la influencia exterior de la palabra. Pero todas las personas están en una relación mutua de hipnotizador e hipnotizado; toda persona se deja recíprocamente sugerir forzadas representaciones por medio de la palabra, y no es para mí una duda que ello sólo sea en momento de arrebato popular como en las guerras y persecuciones de hechicería, en los que la hipnosis logra enajenar artificialmente toda una masa de hombres, sino que todo el comercio espiritual de los hombres no es más que una no interrumpida y complicadísima red de intentos y logradas hipnosis, que hacen uso de la heredada propiedad evasiva de las asociaciones, y en los que le toca al lenguaje el triste papel de ser agitador y único medio de esta locura artificial. (…) Pudiéramos llamar a esta enfermedad logismo, y el que la palabra significa ya tanto como razón no es motivo para buscar otra. También pudiera llamársele silogismo o simplemente lógica.

Lenguaje de los niños (…) El niño aprende su lenguaje, ya imitando mecánicamente primero la forma y la materia del lenguaje y llenándolas después, o aprendiendo a conocer un objeto nuevo con su nombre. En el último caso, estriba el aumento de conocimiento en el objeto nuevo; el nombre es importante sólo para retenerle en la memoria y para hablar de él si el objeto está ausente. En el primer caso no puede hablarse de aumento de conocimiento hasta que la materia y la forma están infladas de contendido real. Este hecho es claro respecto a la materia lingüística. Independientemente de todo aprendizaje mecánico, nunca penetrará en la memoria del niño nada que no haya penetrado antes por la puerta de sus sentidos. Si no hubiéramos perdido el recuerdo de nuestros años infantiles, sabríamos cuán irrepresentables nos eran la mayoría de las palabras aprendidas.

El silencio. Del temple momentáneo o del temple general del hombre, esto es, de su carácter, dependerá que prefiera hablar o prefiera callar. Dos clases de bestias son las más idiotas. Las que no pueden hablar nada, como, por ejemplo, puede suponerse de las ostras, y las que no pueden callar en absoluto. A ambas les está negado comunicarse. Las unas son mudas y las otras sólo hacen ruido. De aquí que parezca en sociedad, de cuando en cuando, que hablan muchos a la vez indefinidamente. No tienen nada que decirse unos a otros y no tiene importancia que el ruido se produzca con sonidos articulados.

Placer de la charla. Este placer no es más que un juego con el lenguaje, uno de los juegos que por sus pobrezas espirituales se recomiendan a los enfermos y a los ancianos. Este enorme uso del lenguaje como placer de charla me parece que tiene (ya verbalmente o en la lectura) una gran semejanza con el juego del dominó en el cual todo el trabajo espiritual consiste también en añadir, en tanto que se pueda, a la ficha del contrario una que lleve el mismo número. Igual que en una de las tales conversaciones.

Las palabras un poder. Resumamos brevemente: no hay “el” lenguaje, el lenguaje individual no es nada real tampoco; las palabras no engendran nunca conocimiento, no son más que un instrumento de la poesía; no dan intuición alguna real y ellas mismas no lo son. Y, no obstante, pueden ser un poder. Destructor como viento de huracán, que es aire como la palabra. Con facilidad la palabra puede ser más fuerte que la acción, pero la palabra no promueve la vida.

Virtuosos. Un defensor del lenguaje podría afirmar que su poder estimula también a la bondad. Cura, como la hipnosis, la enfermedad imaginativa, esto es, remedia, no la enfermedad, sino la imaginación. Así puede contrarrestar la palabra por medio de su fuerza social a la inclinación melancólica hacia la maldad.

En parte ninguna lengua materna. No hay dos hombres que hablen el mismo lenguaje. En un momento de hondo mal humor, cualquiera habrá pensado que ningún otro puede comprender precisamente su lenguaje particular. En imagen cualquiera comprende esta frase. Pero no se concede tan fácilmente que ella encierre una sobria verdad científica Una verdad que también dejaría definirse así: cada cual “domina” una parte diferente de la común lengua madre (…) En esta reflexión descansa a fondo el concepto de un lenguaje común a un pueblo, la lengua materna. ¿Dónde está la realidad de ese lenguaje? ¿Dónde en todo el mundo? No en uno. Pues no comprende más que una parte del tesoro de formas y palabras; no emplea más que una porción de aquello que comprende. No en los libros. En ese caso, antes del descubrimiento de la escritura no hubiera habido lenguaje. En los libros mismos no hay más que una colección de palabras y reglas a lo sumo, así como literaturas surgidas accidentalmente; pero en ninguna parte ni la probabilidad de un lenguaje reunido. ¿Dónde está pues, la realidad del abstracto “lenguaje”? En el aire, entre los hombres, en el pueblo. Así es que nadie puede alardear de conocer su lengua materna.
Pensar y hablar.
 Los señores que no ven en el lenguaje más que una vestidura del pensamiento, y, por cierto, una vestidura fea y no adecuada (mientras Max Müller ve en el lenguaje una vestidura que sienta admirablemente al pensamiento, como un guante a la mano, comme un gant) alegan que es imposible una completa inteligencia entre dos hombres, una comunicación de pensamiento sin resto. Esta verdad nos será cada vez más familiar. No hay más que lenguajes individuales, y no sólo hay diferencias en los lenguajes de dos hijos de una misma lengua, sino en los mellizos de una misma madre, lo que lleva a pequeñas incompresiones de lenguaje (…) El lenguaje de un individuo no es una imagen falsa de su pensamiento, sino una imagen falsa de su mundo exterior; expresa lo que piensa individualmente; pero su pensamiento sobre el mundo de la realidad es individual y, por lo tanto, falso. Su pensar es el tesoro de experiencias adquiridas o heredadas; la razón por la que ningún hombre comprende a los demás es que cada individuo entiende tan individualmente como sus propias experiencias las experiencias acumuladas de un modo uniforme, al parecer, en la lengua materna. La culpa no está en el lenguaje sino en el pensar. El pensar es lo que, como una defectuosa vestidura, sienta mal al mundo de la realidad. El lenguaje se diferencia tan poco del pensar, como la tela del vestido. Si un traje me va mal, la culpa no será del paño.
(De: CONTRIBUCIONES A UNA CRÍTICA DEL LENGUAJE, Herder, 2001)

La edición publicada por Herder recupera la selección, el prólogo y la traducción que realizara el poeta José Moreno Villa en 1911.

AUTOR DEL TEXTO : Gabriel Meraz Arriola; practica el psicoanálisis en la ciudad de México, publica artículos en libros y revistas y participa en actividades relacionadas con la transmisión del psicoanálisis. Es miembro de la École Lacanienne de Psychanalyse.


Contribuciones a una critica del lenguaje – Fritz Mauthner

Título Original: Beiträge zu einer Kritik der Sprache: Wesen der Sprache 
Autor(es): Fritz Mauthner
Editorial: Herder
Idioma: Español
Fecha de publicación: 2001
ISBN: 84-254-2165-9
Referencia: 3386

FUENTE http://www.lecturasinegoismo.com/2014/02/contribuciones-una-critica-del-lenguaje.html Sinopsis Presentamos aquí uno de los textos más influyentes del siglo XX. Publicado en los años 1901 y 1902, y leído con admiración por James Joyce, por Samuel Beckett, y por anarquistas como Gustav Landauer, Contribuciones a una crítica del lenguaje llega hasta la demolición del lenguaje practicada por el Grupo Vienés a partir de los años 1950. Fritz Mauthner  pone en duda de manera radical la capacidad del lenguaje para el conocimiento, para, reflejar de manera cabal la realidad. El lenguaje deforma nuestra percepción, engendra falsedades y supersticiones, crea dioses e ídolos y ejerce, a todo esto, un poder. Para Mauthner, es perentorio y liberador enfrentarse a este hecho con lucidez. Acerca del autorFritz Mauthner (Hořice, Bohemia, Imperio austríaco, 22 de noviembre de 1849 – Meersburg, Alemania, 29 de junio de 1923) fue un filósofo y escritor en lengua alemana. Su principal aportación intelectual se enmarca dentro de la filosofía –en particular, la filosofía del lenguaje- y de la historia de las ideas. Sus obras más importantes fueron Contribuciones a una Crítica del Lenguaje, que influyó en Wittgenstein y Borges. Nació en Hořice (Bohemia) en el seno de una familia judía formada por un fabricante de tejidos. En Praga inició la carrera de Derecho que más tarde interrumpió. Para su cosmovisión fue muy importante el conocimiento de Ernst Mach (1838-1916) y su obra. Mauthner reconoció en una carta escrita a Mach que había recibido de él el impulso «para eliminar de la ciencia las bases metafísicas latentes». En 1873 trabajó en un bufete de abogados. Se casó con la pianista judía Jenny Ehrenberg (?-1896), con quien tuvo una hija. Intensificó sus trabajos filosóficos sobre el lenguaje, aunque en 1898 debió interrumpirlos debido a que los esfuerzos requeridos le fueron debilitando la vista. Por ello, el escritor y filósofo anarquista y pacifista Gustav Landauer le brindó su colaboración. En 1901 aparecieron los dos primeros volúmenes de Beiträge zu einer Kritik der Sprache (“Contribuciones a una Crítica del Lenguaje “) y un año más tarde, el tercero. El rechazo que recibió esta obra de los círculos académicos le desilusionó profundamente. En 1905 intentó aliviar sus depresiones con una estancia en las islas Canarias. Después del matrimonio de su hija, trasladó su residencia a finales de 1905 a Friburgo de Brisgovia. Allí ingresó en la Sociedad Kantiana y conoció a Martin Buber. En 1907 trabó amistad con Hedwig Luitgardis Silles O’Cunningham (1872-1945). Con ella se mudó a Meersburg-am-Bodensee, donde se casaron poco después. Su compañera le ayudaría en su obra de manera destacada. En esta época, estimulado por Martin Buber, escribió la monografía Die Sprache (“El lenguaje”), que dedicó a su colaborador Gustav Landauer. Asimismo culminó su Wörterbuch der Philosophie (“Diccionario de Filosofía”), obra publicada en dos volúmenes publicados en 1909, el primero, y en 1911, el segundo. En 1912 terminó su novela Der letzte Tod des Gautama Buddha (“La última muerte de Gautama Buda”), donde vierte sus reflexiones filosóficas sobre la religión. De 1920 a 1923 aparecieron los cuatro volúmenes de Der Atheismus und seine Geschichte im Abendlande (“El ateísmo y su historia en Occidente”), obra que refleja el anhelo de Mauthner de que la gente se libere del concepto de “Dios” y de la “ilusión” religiosa. Poco antes de su muerte el 29 de junio de 1923, Mauthner trabajaba en su obra Die Drei Bilder der Welt (“Las tres imágenes del mundo”), publicada póstumamente. Mauthner es el representante de una corriente escéptica en la filosofía del lenguaje. Influyeron en él pensadores como Gorgias, Nietzsche y Schopenhauer. Se adhirió a la concepción evolucionista del conocimiento y de la vida psíquica: nuestro conocimiento es subjetivo y relativo, y está dirigido hacia metas prácticas y no hacia la aprehensión objetiva de la realidad. El conocimiento es fruto del azar y limitado, porque nuestros cinco sentidos, que Mauthner llama «Zufallssinne» («sentidos accidentales») son ventanas limitantes por las que penetra únicamente una parte de la realidad. Mauthner obtuvo en Praga de su maestro Ernst Mach los fundamentos especiales para sus trabajos posteriores. Mach fue como físico y teórico del saber un científico polifacético que también incluyó entre sus reflexiones la fisiología de los sentidos (en última instancia todo conocimiento se reduce a «sensaciones») y la psicología (el concepto de «yo» es irrecuperable). Mach, antes que Albert Einstein, ya propugnaba el continuo cuatridimensional espacio-tiempo. Mauthner lleva el escepticismo al ámbito del lenguaje, al que considera un útil medio de comunicación dotado de una importante función social, pero inútil para el conocimiento del mundo. El lenguaje sólo nos permite ver “el velo de Maya”, no la realidad que se oculta detrás. Es incapaz de hacernos compartir la experiencia sensorial, sólo aludirla. Lo que hace que las palabras tengan más o menos significados establecidos depende de las experiencias sensitivas de las personas que usan el lenguaje. Las personas que comparten una estructura psicológica semejante con aquellos que usan un lenguaje pueden entender mejor ese lenguaje. El lenguaje es un sistema arbitrario de símbolos y sonidos, sin vínculo con el mundo real, de naturaleza metafórica y tendencia inevitable a falsear la realidad. Sólo existen los individuos, las sensaciones y los contenidos intuitivos. El lenguaje carece de existencia objetiva independiente de quien lo usa. Mauthner coloca en el centro de interés el aspecto temporal de la “teoría de correlaciones de la investigación del cerebro”, nuestra “cadencia de trabajo en la conciencia”. La memoria adquiere en la filosofía del lenguaje de Mauthner una importancia central. La obra filosófica de Mauthner influyó en literatos como Hofmannsthal, Schnitzler, Oswald Wiener, Joyce, Beckett y Borges; y en filósofos, como Landauer y Wittgenstein. Entre los escritores se aprecia especialmente esta influencia en Brief des Lord Chandos an Francis Bacon (Carta de Lord Changos a Francis Bacon) de Hugo von Hofmannsthal, donde el protagonista muestra su profunda desconfianza hacia el lenguaje. Su pensamiento influyó en el Grupo de Viena, para el cual ocuparse del lenguaje es la forma fundamental de ocuparse del ser humano. Borges, otro escéptico radical, cita repetidas veces en su obra Discusión el Diccionario de Filosofía de Mauthner como uno de los libros que más ha leído, releído y “abrumado de notas” a través de los años. Borges, que se consideró un explorador de las posibilidades literarias de la filosofía, reflejó en su obra ideas mauthnerianas como la discrepancia entre el lenguaje y la realidad, la superstición de la palabra, el dominio de los arquetipos sociales sobre los procesos mentales individuales y la arbitrariedad de los sistemas de clasificación lingüística. Así mismo, Wittgenstein debe muchas de sus ideas a Mauthner, aunque sólo le cita una vez en su Tractatus logico-philosophicus (1921) en su proposición 4.0031: “Toda filosofía es una “crítica lingüística” (no en el sentido de Mauthner)” . Tras la obra demoledora de Mauthner, del lenguaje sólo queda su valor simbólico y artístico“… Las alternativas al lenguaje son el silencio y la acción (el acto surrealista o revolucionario). “Las palabras nunca engendran conocimiento, son tan sólo una herramienta de la poesía”. La lápida que cubre su tumba en el cementerio de Meersburg reza «vom Menschensein erlöst» («Liberado de ser hombre»). Publicado 22nd February 2014 por ZP5EZ Etiquetas: Filosofía Occidental

Lutero: enemigo de la fe cristiana. Iglesia católica y ecumenismo. Conferencia del historiador Alberto Bárcena. Datos para el análisis y la crítica.

Lutero, el gran enemigo de la catolicidad cristiana, hereje radical contra el Catolicismo